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Le Huitième Mort de Tibhirine [Broché]

Rina Sherman
2.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (1 commentaire client)

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Descriptions du produit

Extrait

Le huitième mort de Tibhirine

«Le maquis, c'est Paris, Madame.» C'est ainsi que j'ai fini par répondre un jour aux questions insistantes avec lesquelles on me lancine depuis longtemps. Qui a tué les sept dormants de Tibhirine ? Pourquoi Didier Contant est-il mort au retour de Blida et de sa troisième enquête sur l'assassinat des moines trappistes ? Pourquoi Didier Contant a-t-il cessé de jouir de son droit à la liberté d'expression ? Et finalement, pourquoi depuis sa mort, aucun journaliste n'a-t-il repris sa thèse ? Etes-vous allée en Algérie, au maquis, pour élucider les circonstances de la mort de votre compagnon ?

Dans les lignes qui suivent, j'offre le récit de ce que j'ai vu et vécu parmi les maquisards de Paris, après sept ans de vie commune avec la famille d'un roi éleveur de boeufs en Afrique, et apprenant au retour que Didier Contant, mon compagnon, est tombé du cinquième étage d'un immeuble parisien : parcours que je pourrais aussi dénommer, Anthropologue, le retour. Le temps de la lecture, rangeons le pathos. Levons le rideau sur la vie de deux êtres ; ils s'aiment, ils ont décidé de vivre au grand air d'Afrique, ils ont pleins de projets ensemble. Brutalement, l'un meurt, il s'appelle Didier Contant. L'autre, l'auteur de ses lignes, essaye d'élucider la vérité de cette mort aussi subite que troublante. La recherche a lieu à Paris. Elle s'effectue sur un terrain qu'on pourrait qualifier d'affaire étouffée. Si apprendre à négocier avec l'omerta peut constituer un rite de passage, découvrir que Paris est un maquis en est une conclusion.

Il fut un temps de bonheur

Didier se plaisait à flâner dans la douce pénombre de la maison de Windhoek, surtout pendant la saison chaude quand nous fermions les volets à partir de onze heures pour garder un peu de fraîcheur à l'intérieur, alors que, dehors, le soleil brûlait le toit en tôle ondulée. Entre deux voyages dans la région du nord-ouest, les temps de pause dans cette maison s'écoulaient en une douceur paisible. Didier avait rapidement adopté les coutumes vestimentaires du pays et portait des flottants en kaki et des chaussures en peau de kudu sans chaussettes. De ma table de travail, j'entendais son remue-ménage autour de la maison. Je guettais le passage de ses jambes galbées devant la porte de mon bureau quand il sortait s'installer avec un livre dans la première ombre portée qui apparaissait sous la véranda. Il avait une manière bien à lui de se racler la gorge avant de m'appeler pour venir l'y rejoindre, pour me demander quelque chose, pour me lire un passage dans un livre ou simplement pour me faire admirer la couleur éclatante du ciel. Quand les provisions venaient à manquer, nous allions au centre commercial nous ravitailler. J'y suivais à distance Didier, qui prenait un plaisir enfantin à emplir son chariot des produits locaux dont débordaient les rayons. Les jours de grande détente, nous marchions jusqu'au Joe's Beerhouse, une taverne qui offre le meilleur eisbein, ou jambonneau, de la place. Sous une large véranda au toit de chaume, à demi ouverte et aux parois ornées de reliques allemandes et d'amulettes africaines, assis sur des banquettes en bois, nous consommions des quantités considérables de bière et de viande et nous observions les faits et gestes des habitués avant de reprendre le chemin de la rue Olof Palme. Au retour, il nous arrivait de grimper sur la crête de la colline rocheuse en face de la maison. D'en haut, où l'on surplombe un panorama de hauteurs et de vallées, j'indiquais à Didier quelques repères de la ville. La villa de l'ami éditeur, Herman, est un peu en retrait, sur le flanc d'une butte au sommet de laquelle trône un petit château, ancienne demeure du Graf von Schwerin et actuelle résidence de l'ambassadeur italien. La rumeur veut qu'un tunnel relie cette bâtisse à une autre située sur le versant ouest, par lequel l'illustre personnage rejoignait la nuit sa bien-aimée. Sur le bas-côté, apparaît le toit de la maison d'Amy, photographe réputée pour ses vues aériennes de la côte des Squelettes, réserve naturelle et sauvage sur le littoral namibien.

Quatrième de couverture

Victime d'une campagne calomnieuse sans précédent, en février 2004, le grand reporter Didier Contant fait une chute mortelle d'un immeuble parisien alors qu'il s'apprêtait à publier son enquête sur la mort des moines de Tibhirine en Algérie en 1996. Les résultats d'un long travail d'investigation sur le terrain à Blida par l'ancien rédacteur en chef de l'agence Gamma confirment que les moines ont été enlevés et assassinés par le GIA (Groupe Islamiste Armé).Mais à Paris, des confrères affirment auprès des rédactions parisiennes que Didier Contant travaillait pour les services français et algériens dans le cadre de son enquête sur les moines, déconseillant toute publication de son investigation. Ces lobbies, composés de journalistes, d'éditeurs, d'avocats et d'organisations de droits de l'homme, brandissent le témoignage d'un sous-officier transfuge de l'armée algérienne, tendant à prouver l'implication de l'armée dans le rapt des moines. Didier Contant vivait cette campagne calomnieuse comme une catastrophe professionnelle ; dépossédé de son honneur, de sa dignité et de la capacité de gagner sa vie, il ne put l'accepter. Rina Sherman livre un témoignage saisissant sur la mort de son compagnon, Didier Contant. Pour rendre hommage à l'homme qu'elle a aimé, elle raconte avec brio leur grande histoire d'amour et la tragédie qu'ils ont vécues. Son récit se lit comme un roman, comme un thriller, dans lequel suspense, investigation et combat se confondent dans une réflexion essentielle : Il ne faut pas se taire afin que soit respecté l'un des droits fondamentaux de l'homme, celui de la liberté d'expression.

Biographie de l'auteur

C. Rina Sherman, exilée d'Afrique du Sud en 1984, cinéaste et anthropologue, a fait ses études avec Jean Rouch avant d'effectuer une étude ethnographique sur les Ovahimba en Namibie et en Angola.

Préface: Didier Contant est mort. On a dit que c'était un accident. On : pronom personnel indéfini, désigne ici d'une manière vague les autorités algériennes mais également françaises. Sa compagne, non convaincue, a voulu enquêter. Et elle l'a fait d'une manière farouche et déterminée. Je ne sais pas si Didier Contant a été tué, est mort accidentellement ou tout simplement été victime de circonstance non élucidée. En revanche, c'est que la mort d'un confrère quelle qu'elle soit mérite qu'on y porte un intérêt. Cet intérêt n'a pas été porté sur le cas de Didier Contant, mais à la lecture de l'enquête de sa compagne, on ne peut avoir que des doutes sur cette mort fortuite qui arrangeait tout le monde en définitive. Devant ce travail colossal, minutieux, on ne peut que s'incliner. Ë la lecture des pages qui suivent, les autorités ne peuvent rester indifférentes et, pour avoir la conscience tranquille, devraient instruire cette mort. Pour cela il est vrai que du courage politique est nécessaire, non seulement en France mais également en Algérie : or ce courage est bien ce qui manque hélas des deux côtés de la Méditerranée. Le lecteur - lui comprendra que le mystère reste entier sur la mort de Didier Contant, le huitième mort de Tibhirine. Antoine Sfeir

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