31 Mars 1992, ce n'est pas un album qui sort mais deux d'ou mon titre de Double Faux Album. Formule explicite car le "faux" caractérise le fait que les deux galettes Springstiniennes ne sont pas vendues ensemble mais bien séparément. "Human Touch" et "
Lucky Town" sont les coupables du retour du Boss après près de 5 ans d'absences et, ceux, sans sa formation du E Street Band avec lequel il s'est séparer en 89 après son divorce avec Julianne Phillips. Notons que ce changement à 180 dégrée a été réalisé par la Scialfa qui su toucher le c½ur de Springsteen et qu'entre 89 et 92, ils se sont mariés et ont eu deux enfants. De ce fait, la thématique de nos deux albums en présence, « Human Touch » et «
Lucky Town » sont les dignes héritiers de l'évolution que le Boss nous avait fait goûter avec « Tunnel Of Love ». En effet, dans ce dernier, il explorait la fragilité du mariage, de l'amour et de ses complexités. Dans ces deux albums de 92, il nous compte la joie du mariage, la vie familiale. On y trouve une maturité des textes, une universalité où tout le monde peut se retrouver. Le mariage, l'amour, la joie d'être Père... tout le monde connait où en fera l'expérience. Aussi, pour moi, j'ai aborder ces deux albums comme un seul. Il ressort un avis très positif de cette écoute.
Concentrons nous sur « Human Touch » qui a souvent été pointé du doigt comme le gros loser. Personnellement, j'ai envie de dire que c'est un album totalement sous-estimée et la sortie simultanée a certainement été néfaste pour lui. Ce que l'on peut dire de suite et que le son typique des années 80, qui était la composante principale de «
Tunnel Of Love », a disparu. Tant mieux car cela permet au Boss de redonner sa place à une production qui lui ressemble davantage. Guitare au premier plan et composition digne du Boss, plus rock, plus envoutant, plus ensorcelant.
La chanson éponyme de l'album en est la parfaite démonstration et signe une bonne ouverture dynamique et entrainante. "Soul Driver" est d'humeur changeante, mélancolique booster par l'énergie du Rock. Une composition puisant dans un brillant accompagnement d'organe. Mélodie inspirée qui en fait l'une de mes favorites ! Vient ensuite "57 Channels (And Nothin' On)", un genre New age Folk contrastant avec l'album. "Cross My Heart" est une belle balade typique du Boss sur un air de blues classique avec un bon gimmick de gratte. "Gloria's Eyes" a des guitares aiguës, électrisante avec un Bruce dynamique. "With Every Wish" et "Roll of the Dice" marquent un coup d'arrêt, petite ballade trompettiste pour la première et Rock énergique pour la seconde. Pas forcément désagréable, pas forcément mauvais non plus, c'est du Bon Springsteen. Qui s'en plaindra ?
On en arrive alors à la seconde partie de l'album qui, sans aucun doute, permet de claquer la porte au nez de tous ses détracteurs, des Messieurs Vérités et de leurs jugements péremptoires et définitifs comme quoi cet album serait le moins inspiré du Boss. Ne comparons pas ce qui n'est pas comparable avec sa Trilogie "Born" où le contexte, l'époque, l'expérience personnelle et/ou vie de l'artiste ne sont pas les mêmes, prenons l'album tel quel et l'objectivité se fait maitre ! "All or nothing at all" et "The long goodbye" sont de grandes chansons Rock où Bruce se lâche à fond. Les morceaux plus lents "I wish I were blind" et "Man job" sont de vrais merveilles mélodieuses. "Pony Boy" est une country folk de grande classe. Indéniablement, un très bon album où la guitare reprend son bon droit. Springsteen est au-dessus du lot !
Durée : 58minutes - 14Chansons
En 92, The Boss a pratiquement boucler "human Touch" et retournant en studio pour y composer les dernières chansons, aboutira à des cessions prolifiques qui donneront naissance à son frère jumeaux : "
Lucky Town". Merci à Luc B pour m'avoir initier à Springsteen.