Hurricane est le dixième album studio, après pas loin de vingt ans d’absence, d’une Grace Jones qui à soixante ans revient intacte.
« Hurricane », qui donne son titre à l’album, date de 1997, une collaboration inachevée entre Tricky, laissée en plan parce que ces deux personnalités remuantes divergeaient sur la direction à suivre. Remixée, ces six minutes et demie deviennent le flambeau de ce disque incarné.
« Sunset Sunrise », date à peu près de la même époque, un titre écrit par Paolo Goude, son fils, et retravaillée par Brian Eno,
« Williams’s Blood » se clôt sur un a capella d’
« Amazing Grace » en duo avec la mère de Grace, tout cet album est d’évidence une affaire de famille. Les musiciens, pour la plupart, marchaient dans son ombre, il y a 25 ans : Sly et Robbie, avec cette alchimie rare, ce beat imperturbable, drivé par une basse volubile et implacable.
Mais aussi Tony Allen, nouveau dans cette histoire, mais
drummer légendaire, de Fela Kuti aux expériences avec Damon Albarn. Wally Badarou, clavier historique des belles années Island, Uziah « Sticky » Thompson et Mickey « Mao » Chung, qui de Bob Marley à Peter Tosh en passant par Serge Gainsbourg et Grace Jones, furent de toutes les expériences. Cette écurie d’habiles gâchettes est au service de sa Gracieuse Majesté, tricotant des ambiances alanguies nervurées de reggae futuriste. Un retour inattendu, voire inespéré, mais sacrément gagnant.
Jean-Eric Perrin - Copyright 2012 Music Story