Des basses vrombissantes, des lignes synthétiques interstellaires et des beats implacables… Bienvenue dans le second album de Digitalism. Après Idealism, premier effort hésitant entre electro confidentielle et pop nettement plus accessible, le duo allemand s’attaque aux stades avec I Love You, Dude. Ni plus, ni moins.
Bien du temps a passé depuis la rencontre à Hambourg, en 2004, de Jens Moelle et d’Ismail Tüfekçi... En quelques années, deux albums, une poignée de maxis et un album de remixes, le duo allemand s’est construit sa propre identité, passant maître dans l’art de produire l’electro en toute rock’n’roll attitude. En témoignent ici des morceaux destinés au plus grand nombre, s’auto-présentant comme des tubes dignes de ce nom, comme « 2 Hearts » et ses successeurs « Circles » et « Blitz », qui passent aux choses sérieuses.
« Forrest Gump », co-écrit avec Julian Casablancas, se laisse non seulement écouter avec plaisir mais surprend son monde, le chanteur des Strokes lissant suffisamment sa voix pour passer inaperçu. Ou presque, car le titre est l’un des plus intéressants de l’album, où des fausses guitares s’habillent de synthétiseurs eighties à souhait. Un peu plus tard le rugueux « ReeperBahn » aux clins d’oeil aux films d’horreur, irrésistiblement ludique, tient un haut niveau. Tout comme son acolyte « Just Gazin’ », hommage évident à Air - et des plus rafraîchissants.
En dix morceaux au format pop, Digitalism démontre un incontestable talent, à mi-chemin entre le besogneux et la spontanéité. À défaut d’être de faire preuve d’une originalité folle ou d’une audace déraisonnable, I Love You, Dude a le mérite d’être efficace, et personne ne pourrait lui reprocher la moindre faille technique. Ce qui est déjà très appréciable.
Sophie Rosemont - Copyright 2012 Music Story