Espers est un groupe qui oeuvre dans le revival folk mâtiné de psychédélisme. Dans mon imagination je les imagine vivant en communauté, les cheveux longs et sales, les pieds nus (à la limite en sandales). Ils s'échangent au minimum leurs instruments, le reste ne nous regarde pas. Oui, les clichés ont la vie dure, mais ils l'ont bien cherché.
La musique est très...agréable ! Guitare rythmique acoustique qui tricote parfois de jolies mélodies, divers jolis arrangements de percussions, de cordes, voix calmes et gracieuses, masculines et féminines. C'est confortable, réconfortant, du travail bien ouvragé. Tout cela serait un peu rebattu et mollasson s'il n'y avait cette guitare fuzz (les notes de pochettes nous parlent de Russian
Big Muff et de
Blue Box) qui s'incruste régulièrement pour perturber un peu l'agencement parfait des lieux. Elle ne met pas tellement le bazar finalement, assez respectueuse de la tradition, mais elle ajoute une touche bienvenue d'originalité et d'excitation.
Le son est bon, enveloppant, minutieux, mais qu'en est-il de la substantifique moelle des chansons ? C'est bien là hélas que l'album pêche. En dehors des vraies réussites que sont les deux morceaux situés aux extrémités du disque, à savoir 'Dead Queen' et 'Moon occults the sun', les autres titres souffrent tous des même maux : ils sont bien trop longs, et manquent de mélodies vocales suffisamment fortes pour retenir notre attention tout ce temps. Sans doute est-ce à double tranchant, les auditeurs conquis se vautreront avec délices dans les méandres instrumentaux tandis que les autres resteront sur le côté, à battre impatiemment la mesure en attendant que ça se termine.
Dans l'ensemble, un disque qui fait illusion, qui s'écoute avec un certain plaisir mais qui a trop tendance à diluer ses qualités et à étirer interminablement ses bonnes idées.