Après un premier album prometteur,
Whatever, Aimee Mann retourne ici au studio pour enregistrer un petit bijou de simplicité :
I’m With Stupid.
Le titre est visiblement dédié aux responsables de son label du moment, Geffen, auxquels elle reprochait de ne pas comprendre et, pire, de ne pas savoir promouvoir sa musique. Ces reproches étaient sans doute justifiés puisque ce disque n’a pas eu le succès commercial attendu et mérité.
« Frankestein » ou
« You’re with Stupid Now » sont des balades efficaces, mais à qui il manque de la profondeur, de l’obscurité, de l’émotion.
Cependant, à défaut d’être exceptionnelles, les treize chansons de
I’m With Stupid peuvent être drôles, impertinentes ou émouvantes. Elles obéissent à une homogénéité, celle de la simplicité des mélodies, de la qualité des textes, et du chant sensuel d’Aimee Mann.
Celle-ci ne se gêne pas pour asséner des formules qui tuent : « Je peux revenir deux fois, je suis l’Anti Christ » ou malicieusement poétiques : « De ta bouche sort une enfilade de clichés, je t’ai donné tellement de cordes pour que tu puisses pendre pendant des jours et des jours » dans une seule et même chanson,
« Sugarcoated ».
Et s’offre même le luxe des chœurs du bon vieux Monty Python Neil Innes sur le vitaminé
« It’s Not Safe ».
I’m With Stupid ne déçoit pas, et sa spontanéité mérite de le classer parmi les meilleurs albums d’Aimee Mann.
Sophie Rosemont - Copyright 2012 Music Story