Dinu LIPATTI, né en Roumanie en 1917, disparaissait en Suisse à l'âge de 33 ans rongé par la leucémie. Vers, la fin de sa vie, il n'avait même plus les moyens financiers de se procurer un tout nouveau traitement : la cortisone. D'autres interprète majeurs se cotiseront et y pourvoiront.
Il m'a semblé utile de compléter la description d'Amazon par des informations trouvées sur internet et notamment la chronologie de ses enregistrements.
* 1937
o Johannes Brahms, Valses, op. 39 n° 1, 2, 5, 6, 10, 14 et 15 (avec Nadia Boulanger)
* 1943
o Georges Enesco, Sonate pour piano n° 3, op. 24, en ré majeur
o Georges Enesco, Sonate pour piano et violon n° 2, op. 6, en fa majeur (avec Georges Enesco, violon)
o Georges Enesco, Sonate pour violon et piano n° 3, op. 25, en la mineur "dans le caractère populaire roumain" (idem)
* 1947
o Johann Sebastian Bach, Concerto pour piano n° 1, BWV 1052 (Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam, dir. Eduard van Beinum)
o Frédéric Chopin, Nocturne en ré bémol majeur, op. 27 n° 2
o Frédéric Chopin, Sonate pour piano n° 3, op. 58
o Franz Liszt, Sonetto del Petrarca n° 104
o Franz Liszt, Concerto pour piano n° 1 (Orchestre de la Suisse romande, dir. Ernest Ansermet)
o Edvard Grieg, Concerto pour piano et orchestre en la mineur, op. 16 (Philharmonia Orchestra, dir. Alceo Galliera)
o Domenico Scarlatti, Sonate en mi majeur, Kk 380
o Domenico Scarlatti, Sonate en ré mineur, Kk 9, « Pastorale »
* 1948
o Béla Bartók, Concerto pour piano n° 3, Sz 119 (Orchester des Südwestdeutschen Rundfunks, dir. Paul Sacher)
o Frédéric Chopin, Barcarolle en fa dièse majeur, op. 60
o Maurice Ravel, Alborada del gracioso
o Robert Schumann, Concerto pour piano et orchestre en la mineur, op. 54 (Philharmonia Orchestra, dir. Herbert von Karajan)
* 1950
o Johann Sebastian Bach, Partita n° 1 en si bémol majeur, BWV 825
o Frédéric Chopin, 14 valses
o Frédéric Chopin, Mazurka en ut dièse mineur, op. 50 n° 3
o Frédéric Chopin, Concerto pour piano et orchestre n° 1 en mi mineur, op. 11 (Orchestre de la Tonhalle de Zurich, dir. Otto Ackermann)
o Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano et orchestre n° 21 en ut majeur, K. 467 (Orchestre du Festival de Lucerne, dir. Herbert von Karajan)
o Wolfgang Amadeus Mozart, Sonate en la mineur, K 310
* Dernier récital, donné au Festival de Besançon le 16 septembre 1950
o Johann Sebastian Bach, Partita n° 1 en si bémol majeur, BWV 825
o Wolfgang Amadeus Mozart, Sonate en la mineur, K 310
o Franz Schubert, deux Impromptus, D899 n° 3 et 2
o Frédéric Chopin, 13 valses
En 1933, Dinu LIPATTI ne finit deuxième à la Compétition internationale de piano de Vienne de 1933. Alfred Cortot, qui pensait que Lipatti méritait la première place, démissionna immédiatement du jury en signe de protestation.
Dinu LIPATTI a su conjuguer avec bonheur une technique pianistique assez incroyable avec des interprétations pleine d'humanité.
C'était un perfectionniste comme nul autre : il considérait qu'il lui faudrait 2 ans de travail pour maitriser le concerto n°1 pour piano de Tchaïkovsky et 3 de plus pour maitriser le concerto n°5 de Beethoven.
Ces interprétations étant toutes exceptionnelles, chacun y trouvera ses préférées.
En ce qui me concerne, l'enregistrement des 14 valses de Chopin est MA merveille. Dès l'écoute de la première plage, (la quatrième valse), on est pris par un tourbillon d'émotion. Comme cela a déjà été dit, les 13 valses jouées lors du récital de Besançon sont de qualité musicale inférieure : Lipatti était rongé par une leucémie, ses forces l'abandonnaient (à tel point que la radio na pas voulu prendre le risque de retransmettre en direct le concert). Ce concert, Ses derniers instants de grâce, il n'aura pu aller jusqu'au bout. Jouant, sur un tempo plus rapide pour économiser ses forces, les valses, il s'écroula avant de pouvoir jouer la seconde. Porté hors de la scène inconscient, il reviendra 30 minute plus tard, pour laisser un dernier testament (aussi sens étymologique : "témoignage") en jouant "Jésus que Ma Joie Demeure". Cette dernière interprétation de Lipatti n'a pas été enregistrée.
Mais il en avait, auparavant, enregistrée une autre, qui a marquée toutes les générations. Je ne connais pas plus belle définition de Beauté et Emotion que cette interprétation.
Dinu Lipatti était un perfectionniste. Tout ce qu'il a enregistré se situe à un niveau rarement atteint. Selon son goût, on pourra préférer telle ou telle interprétation de référence mais chaque enregistrement de Lipatti apportera une vision particulière et beaucoup de richesse.
Que dire : des interprétations de légende d'oeuvres majeures, un travail méticuleux de restauration (et je peux comparer ces CDs avec la première édition 33t des Valses) le tout à moins de 4 euros le CD...
INDISPENSABLE
Et souhaitons que bon nombre d'artistes réfléchissent à cette phrase de Dinu LIPATTI que je fais mienne :
« Ne vous servez pas de la musique, servez-la. »