Il ne leur reste qu'une journée à vivre. Pas parce que le hasard va leur faire croiser la mort, mais au nom des principes d'une société qui, pour donner le goût de la vie à tous, a programmé la mort de certains en leur inoculant dans l'enfance un produit mortel. On connaît la date précise du décès et l'administration se charge de remettre l'Ikigami, le préavis de mort, à l'intéressé.
Le premier tome mettait en place le contexte. Cette deuxième livraison se concentre davantage sur les deux destins qui vont être brisés, même si le personnage qui sert de fil rouge, Fujimoto, continue de s'interroger sur sa mission et sur la société qui le mandate pour assassiner au nom du bonheur. Tout l'art de Motorô Mase va donc consister à individualiser au fil de sa série les situations qui mèneront toutes à la même fin : le décès du personnage. Et cela fonctionne.
Bien sûr, personne ne se réjouit à l'idée de bientôt disparaître. Mais passé le premier choc, on peut réagir de nombreuses manières. Les deux histoires narrées dans cet album sont très différentes mais ont en commun de s'articuler autour de personnages qui vont aller vers la rédemption, même si tout ne se passe pas nécessairement comme prévu. Le terreau scénaristique est fertile et on peut dire que dans ce deuxième tome, l'auteur nippon parvient aisément à remplir ses objectifs. On ne décroche pas, c'est bien mené, émouvant, avec une mise en scène graphique qui tient la route à défaut d'être remarquable.