C'est en tout les cas l'impression que laisse ce coffret.
D'abord le N°3 de "Il était une fois en Chine". Quoique légèrement moins bon que les deux premiers opus, la série reste une référence pour tous ceux qui ont été captivés par les précédentes aventures de Wong-Fei-hung (même si les scènes de combats individuels d'arts martiaux s'en écartent trop au profit de pugilats collectifs plus confus à l'aide de monstres factices manière chinoise, mais spectaculaires). Il ne faut certes pas trop en demander à l'intrigue elle même, conformément à ce genre typiquement "made in Hong-Kong", et l'histoire s'avère être sans grandes surprises. Mais le divertissement que Tsui Hark préfère au réalisme est garranti, et fidèle à l'esprit de la série. A tout prendre, je préfère néanmoins aux scènes d'action la personnalité du héros lui même. D'abord,"Maître Wong" reste fidèle à lui même, déchiré entre le choix que la Chine devrait opérer : rester ancrée dans son passé glorieux mais décadent, ou adhérer à la modernité occidentale (hésitation symbolisée par une machine à vapeur ou la caméra, remplaçant l'appareil photographique des 2 films précédents).Ensuite, les relations de Jet Li et de sa "tante" curieusement désignée sous un autre nom, mais toujours interprétée par la belle Rosamund Kwan, s'approfondissent d'autant sans pour autant être définitivement être menée à leur terme (il fallait bien laisser un peu de grain à moudre en vue des films suivants de la série). Pour emprunter une formule galvaudée : "Un bon film pour les amateurs du genre".
Le 4°opus est plus déconcertant. Changement de réalisateur (Yuen Bun), d'acteur principal (Jet Li abandonne la série au profit de Chiu Man-chuk, ce qui peut décevoir les fans du premier, mais qui assume honorablement son rôle sans hériter du charisme de son prédécesseur - mais après tout, nous ne sommes pas dans un film psychologique), disparition plus regrettable de "Tante Yee" au profit d'une autre "parente", Tante May (Jean Wang) dont le personnage est hélas très mal exploité et qui n'y fait que de la figuration - plus symptomatique et plus convaincante est la disciple de la secte des "Lanternes rouges". A l'arrivée, un film en dessous du 3° opus, puisque, outre les changements d'acteurs, il reprend deux thèmes déjà bien connus dans la série : les "duels collectifs de monstres factices" (déjà présents dans le 3° opus) et la présence d'une secte fanatique xénophobe, même s'il s'agit ici exclusivement de femmes (mais qui rappelle celle du "lotus blanc" dans le 2° opus). A l'évidence, Tsui Hark qui en assume pourtant le scénario, est en manque de nouvelles inspirations. Un événement historique (la chute de l'impératrice devant l'arrivée des troupes occidentales) laisse une fin inachevée qui doit bien sûr nous inviter à regarder l'opus suivant, et nous laisse sur notre faim. D'ailleurs, le complot fomenté par les "huit nations" (entendez : les pays occidentaux) est nettement moins convaincant que dans le film précédent (et même ridicule : défier les Chinois sur leur propre terrain par un tournoi purement asiatique). Rien ne s'arrange avec l'aspect "humoristique" du film, assumé par l'assistant de Wong, Leung Fu, dont les séquences sont les moins utiles au film. En conclusion,un film seulement agréable à regarder en raison des scènes de combat spectaculaires, mais, évidemment,qui ne soutient pas la comparaison avec les précédents, notamment les 1° et 2° opus.
Concernant les "bonus", leur intérêt est limité, si ce n'est que l'on apprend que "Maître Wong" a réellement existé, et que les films de Tsui Hark ne sont pas les premiers à lui rendre hommage.