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4,0 sur 5 étoiles
Il Giasone
Format: DVDModifier
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le 17 mars 2013
La première chose qui m'ait frappé dès les premières minutes de ce DVD a été la qualité de l'enregistrement sonore.
L'orchestre baroque emmené de main de maître par Sardelli sonne comme rarement, et l'équilibre voix/orchestre est parfait.

L'œuvre elle même, que j'ai découvert avec cette captation, est une splendide partition d'un baroque Venitien précoce, sûrement une des périodes musicales qui me donne le plus de plaisir direct, quasi charnel, sans passer par un filtre intellectuel comme avec la musique de Wagner ou Debussy par exemple.
Ensuite je me suis dit que Cavalli avait surement beaucoup écouté Monteverdi (normal il fut chanteur dans sa chapelle à l'âge de 14 ans, et à surement bénéficié de quelques leçons de la part du maître) et qu'il en a été influencé.
En particulier par l'incoronazione di Poppea pour pour les très beaux duos et lamenti qui parsèment ce Giasone et pour le personnage de la servante de Médéa > les nourrices dans Poppéa.
D'autre part la scène du combat de Giasone qui m'a fait irrésistiblement penser au sublime combattimento di Tancredi e Clorinda du VIIIeme livre de madrigaux de Monteverdi. On pourrait concevoir de pires influences...

Pour ce qui concerne cette version, je penche du côté de ceux qui ont apprécié la mise en scène, assez inventive pour l'utilisation d'un décor unique mais plein de ressources, un peu potache, mais plutôt respectueuse de l'œuvre malgré les détournements et la "modernisation" surement discutables.
Comme le dit RD Maes, et si un jour (rêvons un peu...) un metteur en scène avait le culot, l'audace ultime, le goût de la provocation poussé jusqu'à prendre un livret, le lire, et nous donner simplement l'œuvre dans son contexte ?! Cela n'arrivera pas de si tôt car les critiques et les maisons d'opéra ne sont pas encore prêtes à aller aussi loin dans dans le délire artistique.
Mais, pour être honnête, je dois avouer que j'ai tout de même apprécié cette proposition scénique de M.Clément.

Quand au plateau de chanteurs, on est là devant un service royal : les trois rôles principaux sont superlatifs (selon une nouvelle locution qui fleurit ici et là), les rôles secondaires admirables, et les troisièmes rôles formidables... Difficile de faire mieux et surtout plus cohérent !

Alors au final je classe cette captation dans le haut de ma pile baroque, sans trop chipoter sur la mise en scène perfectible, pour le plaisir d'ensemble que j'ai pris à ces plus de trois heures d'opéra... superlatives !
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20 sur 22 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Cavalli, "Il Giasone" (Jason), 1649, F. M. Sardelli, Vlaamse Opera Antwerp, 2010, 2 DVDs Dynamic 2012.

Oui, encore une fois, un spectateur entre deux chaises, entre l'oeuvre et sa mise en scène, entre génie et cuistrerie.

Depuis trente ans qu'on nous impose sous prétexte de "relectures" des rois de l'Antiquité en smokings, des héros mythologiques en treillis ou bleus de travail, et des divinités en nuisettes, ne serait-il pas nouveau, sinon original ou révolutionnaire, de nous les présenter en brocards et hermine, armures et plumes d'autruche, des cothurnes aux pieds et une couronne en tête, évoluant dans des décors de Bérain ou Bibiena ? Eh oui, contrairement à ce que continue de soutenir la pédanterie d'usage, ce serait nouveau, puisque plus personne n'a le souvenir d'avoir vu de tels spectacles !

Pour cette recréation du "Jason" de Cavalli, l'Opéra flamand qui partage ses productions entre Gand et Anvers, a choisi de confier la mise en scène à une certaine Mariame Clément qui, dans le bonus, nous explique ses intentions en répétant les mêmes poncifs serinés depuis des décennies dans les écoles de théâtre, pontifiant sur l'obligation d'éclairer le spectateur confronté à une intrigue complexe, de lui donner un fil conducteur, et de mieux définir les personnages.
Mieux définir les personnages ? C'est costumer Jason en toréador, Médée en starlette, Hercule en footballeur américain, habiller Egée d'un costume trois pièces mais avec une perruque Louis XV, c'est affubler celui-ci d'un kilt, ou d'oreilles de lapin, et celle-là d'une canne à pêche...
Quant à donner un fil conducteur à une intrigue complexe, cela signifie l'installer dans un décor unique composé d'une masse rocheuse plantée d'un arbre mort et d'un animal empaillé contre laquelle s'appuient deux citernes, un container, une échelle, un escalier, une passerelle...
Pour la Toison d'or, Jason-toréro ne la trouve évidemment pas sur un bouc, ce serait trop facile, mais sur un taureau, et elle n'est pas dorée, elle est noire, of course ! et il la porte autour du cou comme une bavette... Eclairant, n'est-il pas ?
Encore une fois les relectures, sérieuses ou ironiques, ne sont défendables (et personnellement, je les défends dans ce cas-là) que si elles sont cohérentes, abouties, compréhensibles, et non un simple jeu d'illustration pseudo-surréaliste dont le décalage systématique part dans tous les sens.

Dommage ! car cette oeuvre qui mêle mythologie et situations vaudevillesques, sinon scabreuses (et qui permettait d'intelligents clins d'oeil et de subtils décalages), est un chef-d'oeuvre musical, riche, varié, inventif, délicieusement interprèté par une troupe que domine un Christophe Dumaux (Jason) dont la voix enjôleuse est en adéquation parfaite avec le rôle, et qui trouve en Katarina Bradic (Médée) une partenaire idéale : leurs duos d'amour, qui sont dignes de ceux de Poppée et de Néron, forment de grands moments d'émotion et de sensualité. De plus, ils sont tous les deux très beaux ce qui ne gâte rien.

Malgré cette mise en scène de potache dont les parti-pris dénaturent le subtil mélange d'ironie et de grandeur, de persiflage et d'émotion, qui fait un des grands intérêts de ces ouvrages du premier baroque, on ne s'ennuie pas et on en redemande. Merci Cavalli !
Une étoile pour le spectacle, cinq pour l'oeuvre et les chanteurs, moyenne trois !
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3 sur 3 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
100 PREMIERS RÉVISEURSle 4 janvier 2013
Il Giasone, autrement dit Jason, fut l'opéra italien le plus représenté au XVII ème siècle. Composé en 1649, soit 8 ans après La Didone, il précède de 2 ans La Calisto.

Je reprends mes critères d'appréciation et, la production de La Didone vue précédemment étant à ce point dissemblable de celle-ci, j'ai trouvé intéressant d'établir des comparaisons.

La qualité musicale du plateau (ensemble orchestral, solistes) :
L'admirable musique de Cavalli est bien présente et non aux abonnés absents comme elle l'est par moments avec les Arts Flo dans La Didone. Federico Maria Sardelli dirige le Symphony Orchestra of Vlaamse Opera avec précision et une rare élégance. Il connaît son Cavalli sur le bout des doigts ... et même de la flute à bec. A tel point qu'au lieu d'emprunter à d'autres ouvrages ou à ses contemporains pour combler les parties instrumentales manquantes il les a lui-même écrites « alla Cavalli » et bien malin qui découvrirait ce qui est de la main de l'un ou de l'autre.

Vocalement parlant tous les solistes principaux m'ont convaincue. Quel plaisir d'entendre Christophe Dumaux (un Jason don juan tout mignon et cabotin irrésistible) qui démontre de grands talents de comédien en toute circonstance. Katarina Bradic (Médée) est une magnifique figure de proue, convaincante de bout en bout elle impose son indéniable beauté et sa prestance tant dans les duos amoureux que quand elle invoque les esprits infernaux (sur le très inspiré « dell'antro magico »). Robin Johannsen (Hypsipyle) n'est pas en reste, touchante et combative. Il convient d'ajouter les excellents Emilio Pons (Egeo) et Filipo Adami (Demo le bègue). Les autres tels Filippo Adami (Demo) et Angélique Noldus (Alinda) sont également très bons.

La qualité de la mise en scène : sert-elle ou dessert-elle l'oeuvre ?
Je ne trouve à cette mise en scène que des qualités.
Pas le moins du monde prétentieuse, elle est généreuse, inventive, jubilatoire. C'est un spectacle vivifiant et léger car n'oublions pas que ces opéras étaient destinés à Venise à un public populaire et c'est pourquoi ils regorgeaient d'épisodes burlesques.
Aussi Mariame Clément n'a-t-elle aucunement occulté tout ça. Tout se déroule dans un décor unique et fourre-tout mais qui ouvre des combinaisons multiples tant il regorge de passages, trappes, escaliers et coursives en tout genre. Même si tout baigne dans une ambiance qui pourrait paraître loufoque l'histoire est bel et bien racontée et c'est une réussite d'être restée fidèle au fond dans une adaptation à la forme plutôt extravagante ... personnellement pour mon plus grand plaisir.

Un exemple parmi bien d'autres, la façon dont Jason et Médée nous sont successivement présentés sur le sublime « Delizie, contenti » est un émerveillement. C'est à la fois inventif, lumineux et hautement suggestif.
Et ce sera pour moi toujours infiniment plus intéressant que les mises en scène insignifiantes, prétentieuses, chichiteuses, plates ou vulgaires qu'elles soient de facture plutôt « classique » ou plutôt « moderne » qu'on peut voir trop souvent. Et il y en a même qui s'ingénient à cumuler ...

A la troisième vision de La Didone je me posais encore des questions sur la compréhension de ce que je voyais, à la troisième vision d'Il Giasone je découvre avec plaisir une foule de détails et intentions qui m'avaient échappé précédemment.
Autant dire que par comparaison La Didone me parait ennuyeux et Il Giasone de fait réellement jubilatoire. Heureusement qu'il y a Cavalli dans un cas comme dans l'autre mais je le goûte mieux dans Il Giasone car je suis plus disponible et plus ouverte à cette écoute que dans l'autre.

Giacinto Andrea Cicognini, l'auteur inspiré du livret est aussi l'auteur de « il convitato di pietra » qui inspira Molière pour son Don Juan. Et qui sait si ce n'est pas Cavalli, qui côtoya Molière au cours de ses 2 années à Paris en 1660 et 1661 (cf « Ercole Amante » aux Tuileries : Mémoires imaginaires de Francesco Cavalli (1659-1662)) qui lui parla de l'oeuvre de Cicognini (décédé en 1651) et fut ainsi à l'origine de la création de son Don Juan ?

Et finalement cette mise en scène reflète pour moi une personne très certainement elle-même très généreuse, je parle de Mariame Clément, ce qui me donne envie de mieux la connaître.
Ce Jason est sa première mise en scène disponible en DVD, et c'est dommage car elle en a signé d'autres (à voir sur son site de très belle facture mariameclement.com) qui mériteraient certainement d'être éditées tel son Platée avec l'excellent Christophe Rousset, qualifié par la critique de « spectacle enthousiasmant, jubilatoire, euphorisant et musicalement superbe ».
Mais bien entendu celui qui n'a pas aimé son Giasone risque bien de ne pas aimer son Platée non plus ... pour les mêmes raisons.
Alors qu'il y a en DVD / Blu Ray 6 Retour d'Ulysse, 9 Couronnement de Poppée (et même pas le meilleur selon moi), ce qui me réjouit bien entendu, il n'y a qu'un seul Platée celui certes remarquable de Minkowski et Laurent Pelly. Alors il y a la place pour cette autre production de Platée qui doit d'ailleurs être reprise en 2013 et 2014.
Mais je m'égare un peu ...

J'ai souvent remarqué que c'est dès les toutes premières minutes qu'une mise en scène va être pour moi géniale, détestable ou encore me laisser indifférente. Et on sait bien qu'il faut peu de chose pour qu'une mayonnaise prenne ou ne prenne pas. Il est rare que cette toute première impression soit infirmée par la découverte de la suite. Pour moi il est clair que pour ce Giasone la mayonnaise a bien pris, et je comprends aussi qu'elle puisse ne pas prendre du tout pour certains car nous n'avons pas tous les mêmes sensibilités.

La qualité du son, la qualité de la réalisation, la qualité des images :
Je n'évoquerai que ce qui m'est apparu comme très perfectible : l'éclairage.
A moins que ce je considère comme des défauts ait été voulu.

Le livret de Il Giasone comprend un texte sur la vie de Cavalli, des commentaires sur la partition, un résumé de l'intrigue clair et complet du prologue et de chacun des actes. Et nous avons en bonus une interview de Mariame Clément, bien trop courte à mon goût ...

Et pour terminer j'en viens à me dire que le 4 dont j'ai gratifié La Didone me parait maintenant infiniment généreux !!!
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le 4 novembre 2013
nullité de la mise en scène bète et méchante c est désormais dans l air du temps laideur obligatoire modernité oblige!!!
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le 7 décembre 2012
Christophe DUMAUX est un nouveau contre-ténor à découvrir dans ce répertoire. Cavalli étant un élève de Claudio Monteverdi. Ce qui peut conduire à connaître son oeuvre (La Calisto, La Didone .....)
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