"A la veille de ses seize ans, Kevin tue 9 personnes dans son lycée. Ce livre sont les lettres, sans réponse, de sa mère à son père, le couple n'ayant pas survécu au drame"
Magnifique et bouleversant sont les deux termes qui me viennent au moment de refermer ce livre. La justesse dans le propos, l'efficacité dans les passages de émotions sont si déstabilisants qu'il faut se rappeler, à plusieurs reprises, qu'il ne s'agit que d'un roman; que cette mère (perdue ? désespérée ? résignée ?) est fictive et que l'histoire ne se passe pas à côté de chez soi...
Et puis on gratte un peu la surface de la situation insoutenable - permanente - qui nous est infligée et on plonge, encore - oui c'est possible - pour découvrir et souffrir des non-dits entre ces êtres qui se sont tant aimés... La juxtaposition de ces deux caractères fait tellement mal qu'elle ferrai pleurer un caillou. Car ce que raconte cette mère avec tant de réalisme (pas de panique, c'est un roman... c'est un roman...), c'est une histoire qui pourrait arriver à n'importe qui, éradiquant tout potentiel retour vers la normalité d'une vie monotone... La richesse stylistique n'altère en rien la crédibilité de la forme épistolaire et renforce, si besoin en était, la puissance pourtant éreintante du récit...
Enfin, cet ouvrage, sans une goutte de sang gratuite, sans un propos obscène, sans une description glauque voyeuse, mais néanmoins plus sombre que le plus rêche des romans noirs nous "offre", maigre consolation mais néanmoins précieuse pour peu qu'on ose mettre le contexte légèrement en retrait, une approche différente des enfants, de leur personnalité, de leur ressenti qui ne pourra qu'intéresser le parent que vous êtes peut être...