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Difficile actuellement déchapper au livre-témoignage de Christophe Tison, succès de librairie, succès médiatique. Pourtant, cet ouvrage na rien de racoleur ni de facile. À la lecture de
Il maimait, on comprend le besoin vital qu'a Christophe Tison de s'exprimer, de raconter ces années noires.
Tout commence pendant les vacances, quand Didier, animateur socio-culturel et ami de la famille, rejoint Christophe et son petit frère partis camper près de Beaune où ils viennent demménager. Cet homme "aime les enfants". Il les gâte, sen occupe comme un père
ou un amant ! "Javais limpression quil était le seul être au monde qui se préoccupait de moi et jy courais plein de joie et la mort dans lâme". Viennent très vite les premiers attouchements, puis la "chose sans nom". Et très vite, la culpabilité. Nous sommes dans les années 70. La libération sexuelle, les barrières de léducation traditionnelle ont explosé et personne ne trouve à redire quand un homme sinstalle quasi officiellement avec un gamin dà peine dix ans ; quand il lemmène en vacances sur lîle du Levant. Pas même lenfant, qui vit cette relation partagé entre la violence, le dégoût de lui-même et de lautre et le lien affectif (appelle-t-on cela de lamour ?) à ladulte. Et pourtant, le mal-être transparaît dans cette description denfants livrés à eux-mêmes, dont les parents, comédiens divorcés, ne voient rien, presque soulagés quun ami prenne en charge laîné, léduque, le familiarise au monde de la musique, de la culture. Mais le prix à payer est cher, très cher, et lenfant se considère vite comme "une petite pute". Cette histoire durera presque six ans. Entre résignation, amour et rejet. La séparation est violente, Didier déclare son amour à ladolescent, et on comprend toute lambivalence de ce rapport. Pervers diront certains. Encore maintenant, Christophe Tison nen semble pas totalement convaincu.
Son récit ne peut laisser indifférent car rien n'y est simpliste. Derrière les phrases vives, percutantes, derrière les chapitres courts, on entend un cri. Ni damour ni de vengeance, mais de souffrance. Un cri libératoire que Christophe Tison aura mis presque trente ans à pousser
--Marine Segalen
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Présentation de l'éditeur
« Je ne pouvais pas parler, je n'y avais même jamais pensé tellement tout cela était de ma faute, tellement j'étais compromis et depuis si longtemps. Et puis, au fond, je l'aimais bien, Didier. Depuis plusieurs années, je m'étais habitué à lui. A sa présence, à ses cadeaux et à son amour des enfants ». Le narrateur est aujourd'hui un adulte. Pendant toutes ces années, il a caché - par honte, par impuissance, par culpabilité ? avoir été la victime d'un ami de la famille, Didier, un adulte « gentil » et affectueux, qui pratiqua sur lui des attouchements sexuels permanents, jusqu'à l'adolescence, jusqu'à ce que les femmes le sauvent malgré lui, et le libèrent de ce poids de chagrin. Mais tout n'est pas si simple dans ce récit serré, calme et dévastateur à la fois, où Christophe Tison ne s'épargne guère. Et si la victime n'avait pas que du dégoût pour son bourreau ? Et si le pédophile aimait l'enfant qu'il pollue et abîme pour le reste de sa vie d'homme ? Et pourquoi les adultes, les parents, ne comprennent pas qu'on ne doit pas laisser libre, trop libre, un être qui ne sait pas se défendre ?
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.