L'auteur, Christian Ligier, en choisissant de raconter la vie d'un des plus grands peintres de l'histoire de l'Art, auteur de "La Décollation de Saint Jean-Baptiste", ou de la très controversée "Mort de la Vierge", au lieu d'opter pour une énonciation pure et simple des faits plus ou moins bien écrite, a pris le parti de raconter l'histoire à l'envers. En effet, le livre s'ouvre sur la mort du Caravage, et finit par son arrivée à Rome, ville éternelle de l'Art. Le narrateur, un ami sans doute fictif du peintre, dresse une prosopopée, comme prenant à parti son ami pour jeter un oeil sur sa vie et son oeuvre. Ce livre parle non seulement de l'oeuvre du Caravage, mais également du personnage, une personnalité légendaire, qui, au nez et à la barbe de tous les puissants, peignait avec la grâce du ciel en prenant ses modèles dans la rue, prostituées et autres gens du peuple dans lesquels il voyait le visage de Dieu.
Curiosité littéraire, certes, mais également documentaire sur un des meilleurs et plus impertinents pinceaux de l'Art, ses scènes essentiellement bibliques ayant la capacité de vous prendre aux tripes et vous donner la sensation qu'en les regardant, vous vous rapprochez un peu plus du "Beau".