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Illusions perdues [Poche]

Honoré de Balzac , Gaëtan Picon
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Poche, 28 mars 1972 --  
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Description de l'ouvrage

28 mars 1972 Folio classique (Livre 62)
Notice de Patrick Berthier

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Descriptions du produit

Quatrième de couverture

«On causait à cœur ouvert. Hector Merlin seul ne riait pas. Lucien lui demanda la raison de sa raison.- Mais je vous vois entrant dans le monde littéraire et journaliste avec des illusions. Vous croyez aux amis. Nous sommes tous amis ou ennemis selon les circonstances... Vous vous apercevrez avant peu que vous n'obtiendrez rien par les beaux sentiments. Si vous êtes bon, faites-vous méchant. Soyez hargneux par calcul... Pour être aimé, ne quittez jamais votre maîtresse sans l'avoir fait pleurer un peu ; pour faire fortune en littérature, blessez toujours tout le monde, même vos amis, faites pleurer les amours-propres : tout le monde vous caressera.»

Biographie de l'auteur

Balzac, de son vrai nom Balssa, est né à Tours en 1799. Délaissé par sa mère qui lui préfère son fils naturel Henri (auquel est dédié Le Bal de Sceaux), il devient pensionnaire au collège oratorien de Vendôme. À partir de 1814, il fait des études de droit. Mais à vingt ans, sûr de sa vocation littéraire, il s'installe à Paris, et vit dans une mansarde. Il rencontre Laure de Berny de vingt-deux ans son aînée, qui aura une influence décisive sur sa formation. En 1829, Balzac publie «Les Chouans» qui annonce une période de vingt années durant lesquelles il va produire plus de quatre-vingt-cinq romans, tout en menant une vie très active et mondaine. Il est reçu dans différents salons dont celui de Mme de Récamier. Au début de 1830, il donne «Scènes de la vie privée», un recueil de six nouvelles dont fait partie «Le Bal de Sceau»x, premier élément de «La Comédie Humaine», suivi de «La Duchesse de Langeais», du «Curé de Tours», du «Colonel Chabert»... 1832 voit le début de sa longue correspondance avec Mme Hanska. À partir de 1838, paraissent de nombreux romans dont «César Birotteau», le début des «Illusions perdues», la première partie de «Splendeurs et Misères des courtisanes», «Béatrix», «Le Curé de Village»... À la fin de 1841, Balzac met au point le plan de l'ambitieuse et inégalée «Comédie humaine» soutenu par quatre éditeurs et continue à publier : «Ursule Mirouet», «Modeste Mignon», «La Cousine Bette», «Le Cousin Pons»... Le 14 mars 1850, Balzac épouse enfin Mme Hanska mais il tombe gravement malade. Il meurt à Paris le 18 août 1850, et est enterré au Père Lachaise. Victor Hugo prononce l'éloge funèbre.

Gaétan Picon, né à Bordeaux en 1915, agrégé de philosophie, a enseigné en France et à l'étranger. Il a été directeur général des Arts et Lettres au ministère des Affaires culturelles de 1959 à 1966, puis directeur d'études à l'École pratique des hautes études. Il est décédé en 1976 à Paris.

Détails sur le produit

  • Poche: 699 pages
  • Editeur : Gallimard (28 mars 1972)
  • Collection : Folio classique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070360628
  • ISBN-13: 978-2070360628
  • Dimensions du produit: 10,7 x 3 x 17,5 cm
  • Moyenne des commentaires client : 4.5 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (8 commentaires client)
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40 internautes sur 40 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 EXCELLENTISSIME OEUVRE 25 juillet 2007
Par alex
Format:Poche
Pas étonnant que Victor Hugo ait dit de Balzac qu'il "était le premier parmi les plus grands" ! Balzac a réussi son pari : bâtir par la plume ce que Napoléon a bati par l'épée ! Lucien de Rubempré, le héros, vit en province mais ne rêve que de Paris et de la vie dorée qu'il imagine pouvoir accomplir. Les illusions se perdront au fil du temps et des gens rencontrés. C'est une oeuvre magistrale, la meilleure selon moi de Balzac. Surtout si vous lisez la suite, "splendeurs et misère des courtisanes". Pour ceux qui souhaitent lire Balzac : commencez par cette trilogie : "le père Goriot", puis "Illusions perdues", enfin "splendeurs et misères des courtisanes". Ne vous laissez pas prendre par la lenteur avec laquelle l'intrigue commence : Balzac pose toujours le décor (des lieux et des personnages) avant de nous engloutir dans son talent immense à saisir les choses et la vie.
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11 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 De la Tour Eiffel aux catacombes, 3 octobre 2008
Format:Poche
Les Illusions Perdues / Splendeur et Misère des Courtisanes, c'est du plaisir, de l'intelligence et du style.
Ces 2 romans sont à notre littérature ce que la Tour Eiffel est à Paris : si vous n'y êtes pas monté, vous n'avez rien vu !
Mais prenez garde car comme ce siècle si brillant, le héros a aussi sa part d'ombre : vous descendrez peut être plus bas que vous n'êtes montés ?
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
Par Nastasia Buergo (c'est fini) COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEUR TOP 100 COMMENTATEURS
Format:Poche
Quand bien même n'aurait-il écrit que cet unique roman que Balzac eût été, sans nul doute, l'un de nos plus grands écrivains de langue française. Pas UN Balzac, mais LE Balzac, le MAGIC-BALZAC comme on le rêve: riche, tonique, corrosif, lucide, drôle et tout, vraiment tout ce qu'on peut attendre d'un roman du XIXème siècle. Chapeau bas Monsieur Balzac; On a beau dire, on a beau faire, ils ne sont pas si nombreux ceux qui vous arrivent à la cheville et, s'il fait moins vibrer les trémolos du pathos que ne le fait Victor Hugo, ne nous y trompons pas, cette œuvre est du calibre des Misérables.
Je vous propose bien humblement un bref aperçu du roman qui compte trois parties intitulées: les deux poètes, un grand homme de province à Paris & les souffrances de l'inventeur.
La première partie nous présente deux amis, l'un, David Séchard, fils d'un imprimeur d'Angoulême, économe, la tête sur les épaules, qui a fait des études à Paris et qui a surtout compris qu'il ne pourrait jamais compter sur son père, aussi avare dans son genre que le père Grandet (voir Eugénie Grandet) ce qui n'est pas peu dire. L'autre, Lucien Chardon, fils d'un apothicaire, issu d'une branche noble par sa mère, les "de Rubempré", possède un talent littéraire indéniable et semble attiré par le grand monde et les lumières de la grande ville comme les papillons sur les lampes à incandescence. La question étant de savoir s'il se brûlera les ailes auprès de Madame de Bargeton, une célébrité aristocratique locale. Le titre pourrait presque, à l'extrême limite, vous donner un tout petit indice, mais je n'en suis pas bien sûre...
Balzac déploie dans ce livre sa quintessence, celle qui en fait un pilier de la littérature française et mondiale. Non pas un roman de Balzac mais LE roman de Balzac qu'il faut avoir lu. J'aurais pu en choisir beaucoup d'autres mais je me suis limitée à quatre passages Des Deux Poètes, le premier car il me semble révéler tout l'humour de l'auteur (qui inspira Jacques Brel),

<< S'il avait peu de connaissances en haute typographie, en revanche il passait pour être extrêmement fort dans un art que les ouvriers ont plaisamment nommé la soûlographie, art bien estimé par le divin auteur du Pantagruel, mais dont la culture, persécutée par les sociétés dites de tempérance, est de jour en jour plus abandonnée.>>

un second qui témoigne du fameux sens d'observation sociale de Balzac,

<< Cet indice, rarement trompeur, était vrai chez Lucien, que la pente de son esprit remuant amenait souvent, quand il analysait l'état actuel de la société, sur le terrain de la dépravation particulière aux diplomates qui croient que le succès est la justification de tous les moyens, quelque honteux qu'ils soient. L'un des malheurs auxquels sont soumis les grandes intelligences, c'est de comprendre forcément toutes choses, les vices aussi bien que les vertus.>>

un de ses succulents préceptes,

<< Les devoirs de société lui dévoreront son temps, et le temps est le seul capital des gens qui n'ont que leur intelligence pour fortune.>>

et enfin, un qui témoigne de son étonnant talent de visionnaire, sachant qu'il écrit à la fin des années 1830:

<< La main-d'œuvre n'est rien en Chine; une journée de travail y vaut trois sous. (...) Eh bien! il faut remplacer les procédés du Chinois au moyen de quelque machine. On arrive par des machines à résoudre le problème du bon marché que procure à la Chine le bas prix de sa main-d'œuvre.>>

La deuxième partie, comme son nom l'indique, déplace l'un des personnages principaux, Lucien Chardon (ou de Rubempré selon qu'on considère ou non son ascendance noble du côté maternel), d'Angoulême à Paris. Lucien quitte tout pour les beaux yeux de Madame de Bargeton, une aristocrate provinciale qui s'est éprise de lui. Très vite, le grand monde va se charger d'exclure ce rejeton illégitime de la noblesse et donc, de faire cesser l'admiration de Mme de Bargeton pour son petit protégé de poète. En moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, seul et avec le coût exorbitant de la vie parisienne, Lucien se retrouve dans l'indigence la plus noire, avec pour seul espoir, sa jeunesse et son talent de plume. Il a le bonheur de faire la connaissance de Daniel d'Arthez, jeune écrivain incorruptible, initiateur du Cénacle, cercle d'amoureux des arts, prêts à tout pour aller jusqu'au bout de leur art sans tremper jamais dans aucune compromission, d'aucune sorte. Lucien sera très vite fasciné par cet droiture morale, cet ascétisme de pensée et de travail, dont les résultats commencent à porter leurs fruits dans son esprit critique et dans son maniement de la plume. Cependant, Lucien, pauvre comme les pierres va lorgner abondamment vers les lumières du journalisme et ses succès faciles richement rétribués. L'ascension de Lucien va être fulgurante, lui permettant au passage de tailler des costards à ses vieilles connaissances angoumoisines qui l'ont si lâchement laissé tomber à son arrivée dans la capitale. Néanmoins, être talentueux n'est pas sans risque, comme vous le découvrirez à la lecture de ses pages.
Balzac nous offre des pages sublimes et dresse un portrait corrosif et peu flatteur tant du journalisme que du monde de l'édition. Un portrait qui sent éminemment le vécu et qui ne semble pas avoir pris une ride. Les requins et les fourbes d'aujourd'hui ne sont guère différents de ceux d'hier. C'est en cela que l'universalité et le talent de visionnaire de Balzac était (Baudelaire s'en émerveillait), est et demeurera impressionnant. J'en terminerai pour cette partie, comme souvent, par quelques extraits savoureux à mes sens:

<< Lucien traversa le Pont-Neuf en proie à mille réflexions. Ce qu'il avait compris de cet argot commercial lui fit deviner que, pour ces libraires, les livres étaient comme des bonnets de coton pour des bonnetiers, une marchandise à vendre cher, à acheter bon marché. >>

<< On ne peut pas être grand homme à bon marché, lui dit Daniel de sa voix douce. Le génie arrose ses œuvres de ses larmes. Le talent est une créature morale qui a, comme tous les êtres, une enfance sujette à des maladies. La société repousse les talents incomplets comme la nature emporte les créatures faibles ou mal conformées. Qui veut s'élever au-dessus des hommes doit se préparer à une lutte, ne reculer devant aucune difficulté. Un grand écrivain est un martyr qui ne mourra pas, voilà tout. >>

<< C'est ignoble, mais je vis de ce métier, moi comme cent autres! Ne croyez pas le monde politique beaucoup plus beau que ce monde littéraire: tout dans ces deux mondes est corruption, chaque homme y est ou corrupteur ou corrompu. >>

<< Ils sont rares et clairsemés dans cette cuve en fermentation, rares comme les vrais amants dans le monde amoureux, rares comme les fortunes honnêtes dans le monde financier, rares comme un homme pur dans le journalisme. >>

<< Je ne suis pas ici pour être le marchepied des gloires à venir, mais pour gagner de l'argent et pour en donner aux hommes célèbres. Le manuscrit que j'achète cent mille francs est moins cher que celui dont l'auteur inconnu me demande six cents francs. >>

<< Ce qui nous coûte notre vie, le sujet qui, durant des nuits studieuses, a ravagé notre cerveau; toutes ces courses à travers champs de la pensée, notre monument construit avec notre sang devient pour les éditeurs une affaire bonne ou mauvaise. Les libraires vendront ou ne vendront pas votre manuscrit. >>

<< - Mais votre conscience?
- La conscience, mon cher, est un bâton que chacun prend pour battre son voisin, et dont il ne se sert jamais pour lui. >>

<< - L'influence et le pouvoir du journal n'est qu'à son aurore, dit Finot, le journalisme est dans l'enfance, il grandira. Tout, dans dix ans d'ici, sera soumis à la publicité.
- Elle flétrira tout, dit Blondet.
- Elle fera des rois, dit Lousteau.
- Aussi, dit Blondet, si la Presse n'existait point, faudrait-il ne pas l'inventer; mais la voilà, nous en vivons. >>

<< Le journal au lieu d'être un sacerdoce est devenu un moyen pour les partis; de moyen, il s'est fait commerce; et comme tous les commerces, il est sans foi ni loi. >>

<< Mlle des Touches exprima son admiration avec cette naïveté d'enjouement et cette jolie fureur d'amitié superficielle à laquelle se prennent tous ceux qui ne connaissent pas à fond la vie parisienne, où l'habitude et la continuité des jouissances rendent si avide de nouveauté.
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