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Images malgré tout [Broché]

Georges Didi-Huberman
5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (1 commentaire client)
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Description de l'ouvrage

31 décembre 2003 Paradoxe
Voir une image, cela peut-il nous aider à mieux savoir notre histoire ?
En août 1944, les membres du Sonderkommando d’Auschwitz-Birkenau réussirent à photographier clandestinement le processus d’extermination au cœur duquel ils se trouvaient prisonniers. Quatre photographies nous restent de ce moment. On tente ici d’en retracer les péripéties, d’en produire une phénoménologie, d’en saisir la nécessité hier comme aujourd’hui. Cette analyse suppose un questionnement des conditions dans lesquelles une source visuelle peut être utilisée par la discipline historique. Elle débouche, également, sur une critique philosophique de l’inimaginable dont cette histoire, la Shoah, se trouve souvent qualifiée. On tente donc de mesurer la part d’imaginable que l’expérience des camps suscite malgré tout, afin de mieux comprendre la valeur, aussi nécessaire que lacunaire, des images dans l’histoire. Il s’agit de comprendre ce que malgré tout veut dire en un tel contexte. Cette position ayant fait l’objet d’une polémique, on répond, dans une seconde partie, aux objections afin de prolonger et d’approfondir l’argument lui-même. On précise le double régime de l’image selon la valeur d’usage où on a choisi de la placer. On réfute que l’image soit toute. On observe comment elle peut toucher au réel malgré tout, et déchirer ainsi les écrans du fétichisme. On pose la question des images d’archives et de leur « lisibilité ». On analyse la valeur de connaissance que prend le montage, notamment dans Shoah de Claude Lanzmann et Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard. On distingue la ressemblance du semblant (comme fausseté) et de l’assimilation (comme identité). On interroge la notion de « rédemption par l’image » chez Walter Benjamin et Siegfried Kracauer. On redécouvre avec Hannah Arendt la place de l’imagination dans la question éthique. Et l’on réinterprète notre malaise dans la culture sous l’angle de l’image à l’époque de l’imagination déchirée.

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Y a-t-il des images de la Shoah ? Cette question peut appeler une réponse factuelle : c’est un fait que les nazis, dans le tour méthodique et administratif de leur folie persécutrice, ont beaucoup filmé et photographié ce qui se passait dans les camps, et qu’ils ont finalement détruit la plupart de ces traces accusatrices. Il ne reste ainsi pratiquement aucune image des camps d’extermination. Mais la question a une autre dimension. Quand, en 2001, dans le catalogue Mémoire des camps. Photographies des camps de concentration et d’extermination nazis, Georges Didi-Huberman commente quatre clichés photographiques pris en août 1944, par le Sonderkommando du crématoire IV d’Auschwitz, il soulève une violente polémique : pouvons-nous nous servir de l’image pour enrichir notre connaissance de la Shoah ? Si le sort réservé aux prisonniers de Treblinka, Sobibor, Chelmno… est de l’ordre de l’inimaginable, de l’irreprésentable, alors en montrer quelque chose, fût-ce une image authentique, c’est en trahir la vérité. Fidèle à cette position, Claude Lanzmann, dans son film Shoah (1985), conduit l’évocation des camps de la mort à partir de récits d’historiens et, surtout, de la parole de témoins. Si, au contraire, loin d’être un absolu dépassant toute imagination possible, l’événement de la solution finale est une horreur humaine, trop humaine, jusque-là inégalée, alors l’image peut en parler sans, évidemment, prétendre tout en dire. Le débat crispé dont Georges Didi-Huberman restitue les grandes lignes dans Images malgré tout (l’ouvrage contient le commentaire à la source de la controverse) n’est pas sans évoquer les violentes querelles iconoclastes de l’histoire du christianisme. Au-delà de la discussion autour de l’Holocauste, il révèle quelque chose du rapport ambigu que notre culture entretient avec l’image, rapport qui est précisément le domaine d’investigation de l’auteur depuis plusieurs années.
Du même auteur : La Peinture incarnée (1985). Devant l’image (1990). Ce que nous voyons, ce qui nous regarde (1995). Phasmes. Essai sur l’apparition (1998). Devant le temps. Histoire de l’art et anachronisme des images (2000). -- Emilio Balturi

Détails sur le produit

  • Broché: 235 pages
  • Editeur : Editions de Minuit (31 décembre 2003)
  • Collection : Paradoxe
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2707318582
  • ISBN-13: 978-2707318589
  • Dimensions du produit: 21,8 x 14 x 2 cm
  • Moyenne des commentaires client : 5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (1 commentaire client)
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: 111.226 en Livres (Voir les 100 premiers en Livres)
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5.0 étoiles sur 5 l'inimaginable, malgré les images 5 janvier 2013
Format:Broché
Ce livre traite un sujet très difficile : tout ce que l'on peut extraire de quatre photographies prises par des membres du "sonderkommando" dans le camp d'Auschwitz, montrant "l'inimaginable", l'extermination industrielle d'êtres humains.

Ce sont quatre photos prises à la sauvette dans le but de montrer à ceux qui étaient à l'extérieur du camp ce qui se passait là-bas.

L'auteur analyse ces images avec tous les points de vue possibles : le contexte et la difficulté de la prise de vue, la valeur de la photo en tant que preuve, que document historique, que document esthétique,... mais aussi de l'intérêt de les préserver et de les montrer.

La première partie du livre constitue un texte originalement publié en 2001 dans "Memoire des Camps. Photographies des camps de concentration et extermination nazis". Ce texte a été contesté et lourdement critiqué par G. Wajcman et E. Pagnoux. Dans la partie restante du livre, l'auteur pousse jusqu'au bout l'analyse de ces images et répond, point par point, à ces critiques.

L'auteur replace ces photos dans un contexte plus large de la transmission historique de ce qui a été la Shoah et commente les choix faits par, par exemple, C. Lanzmann dans "Shoah", Alain Resnais dans "Nuit et Brouillard" ou Jean-Luc Godard dans "Histoire(s) du cinéma".

On peut, à certains moments, identifier une certaine polémique dans les réponses faites par l'auteur à ceux qui l'ont critiqué, mais cela n'enlève en rien l'objectivité de l'analyse. En tout cas, on peut comprendre qu'il s'agit d'un sujet extrêmement difficile à traiter et que les plaies de cette période de l'histoire ne se sont pas encore refermées.

Un autre livre à lire, peut-être avant, est celui de Susan Sontag : "Devant la douleur des autres".
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