Fan du groupe depuis plus de 10 ans, j'attendais ce nouvel opus avec impatience. L'attente fut longue, mais le résultat est à la hauteur ! Jamais aucun album de Nightwish n'a été aussi proche du style "musique de film" que celui-ci. Ce CD est un "concept-album". Entendez par là qu'il ne raconte qu'une seule et même histoire. C'est pourquoi l'écouter d'une traite est préférable afin de l'apprécier à sa juste valeur (ce qui au passage est également le cas d'une bande originale de film).
Au niveau des textes et de l'histoire, les références habituelles de l'auteur-compositeur sont toujours là. Des références qui passent de l'univers de Tim Burton à celui de Walt Disney. Un univers à la fois magique et gothique, donc. Voici un bref compte-rendu des morceaux de l'album :
1. Taikatalvi 2'36
Introduction de l'album. Marco parle en finlandais sur une musique douce. Joli morceau qui nous fait pénétrer dans l'univers singulier de ce nouvel album.
2. Storytime 5'22
On démarre direct avec un bon morceau bien heavy, enrobé par l'orchestre symphonique (toujours dirigé par Pip Williams). Un hit très efficace, typique de Nightwish, même si les choeurs semblent plus présents que sur les morceaux habituels du groupe.
3. Ghost River 5'25
Morceau dans la lignée du précédent, mais en moins efficace, donc semi-déception.
4. Slow, Love, Slow 5'50
Une chanson à n'en pas croire ses oreilles ! Le groupe ici mélange habilement musique de film et... jazz ! On sent ici une influence certaine au score qu'Angelo Badalamenti composa pour la série
Twin Peaks. C'est un morceau très surprenant de la part du groupe. Certains n'aimeront peut-être pas, mais l'évidente prise de risque se révèle payante, car ce morceau (chanté par Anette et Marco) s'inscrit parfaitement dans le récit de l'histoire. Superbe.
5. I Want My Tears Back 5'08
Un quasi "copié-collé" du morceau "Last of the Wilds" de l'album
Dark Passion Play. Entendez par là un morceau très accrocheur avec de bons riffs de guitares et des cornemuses !
6.Scaretale 7'32
Hommage vibrant de Tuomas Holopainen à ses maîtres Hans Zimmer et Danny Elfman. Scaretale est un des meilleurs morceaux de metal symphonique que vous pourrez entendre dans votre vie et qui n'est pas sans rappeler le génial "Poet and the Pendulum" de l'album précédent. Ce morceau marque l'entrée de l'auditeur dans le parc Imaginaerum. L'hommage à Danny Elfman, avec les choeurs et la "musique de cirque" typique du compositeur sur les films de Tim Burton, est parfois à la limite du plagiat, mais le résultat est tellement efficace que l'on ne peut que s'en réjouir ! Excellent.
7. Arabesque 2'58
Premier morceau uniquement instrumental de l'album, cet "Arabesque" ne fait appel qu'à l'orchestre et aux choeurs, sans le groupe. Un morceau superbe que l'on croit extrait d'un film d'aventures, avec ses percussions et ses cuivres. Un bijou.
8. Turn Loose The Mermaids 4'19
Très jolie ballade, sans guitare électrique, ni basse, ni batterie. Un morceau qui, et là c'est vraiment surprenant, semble rendre hommage à Ennio Morricone ! En effet, on dirait une musique de western, avec le fameux "sifflement" typique du compositeur italien.
9. Rest Calm 6'59
Un morceau heavy sans grande originalité, chanté par Anette et Marco. Sympathique, mais sans plus.
10. The Crow, The Owl And The Dove 4'10
Seul morceau de l'album composé par Marco (le bassiste). Une ballade majoritairement à la guitare acoustique plutôt chouette qui nous permet de faire un break avant la claque que va nous donner le prochain morceau.
11. Last Ride Of The Day 4'32
Une bombe ! L'orchestre, les choeurs et le groupe s'éclatent pour cette "chevauchée" d'une efficacité redoutable. Un des meilleurs morceaux de l'album. Excellent.
12. Song Of Myself 13'30
Le plus long morceau de l'album. Là encore, dès les premières notes, l'influence à Hans Zimmer se fait beaucoup sentir (voir les scores de
Crimson Tide et
Peacemaker). Un morceau symphonique très "heavy" sur la première partie, très "ballade" sur la seconde. Un beau morceau qui se termine par la lecture de poèmes sur fond de musique douce.
13. Imaginaerum 6'18
Pour clore le CD à la manière d'un film, ce "générique de fin" créé par Pip Williams (arrangeur et orchestrateur sur l'album) reprend les principaux thèmes écrits par Tuomas, sans le groupe, uniquement avec l'orchestre symphonique et les choeurs. Une superbe fin, donc.
En résumé, cet album se révèle être un petit bijou. Les fans de la première heure qui ne se sont jamais remis de l'éviction de Tarja, la première chanteuse, seront aussi aux anges avec l'édition collector de l'album qui contient en plus le CD en version instrumentale ! Imaginerum est une oeuvre grandiose et riche qui ne fait que confirmer que Nightwish demeure le meilleur groupe de métal symphonique de tous les temps !