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4.0 étoiles sur 5
Notre meilleur écrivain ?, 20 mai 2010
Djian et la musique, encore : "chaque fois que j'écoutais Banshees Beat d'Animal Collective, je prenais conscience que l'homme n'est pas seulement destiné à répandre la souffrance et la laideur sur le monde". Djian et le monde : "la chambre se trouvait équipée d'un téléviseur qui diffusait ce soir là des images de pays qu'il faudrait se résoudre à bombarder si nous voulions garantir notre sécurité. On nous montrait des cartes, les choses paraissaient simples". Djian et la littérature : "Combien d'écrivains étaient retournés à leur roman plutôt que de se lancer à la poursuite de leur femme ? Les meilleurs, sans aucun doute. Les extralucides. Les grands maîtres." Djian et nous, vous, moi : "J'accueillis le serment de ma fille, désormais, de ne plus m'adresser la parole, avec sérénité. Je savais que j'allais pas en mourir". Djian, peut-être pas le meilleur écrivain que nous ayons en France (encore que... Qui d'autre ?), mais le plus élégant "styliste", ce qui n'est pas rien, et aussi le plus surprenant avec sa manière de plus en plus effrontée de construire des "fictions à trou"... Tout en promenant la lame de rasoir de sa douleur et de son épouvante de plus en plus près des veines de notre poignet.
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16 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Tout est pardonné, 27 mars 2009
Il fût un temps où j'attendais un nouveau roman de Philippe Djian avec autant d'impatience que le Beaujolais Nouveau ou le dernier disque des Stones, vous voyez à quel niveau je le plaçais dans la liste des évènements qui attisaient mon impatience. J'ai lu toute sa production mais j'avais abandonné au tome 2 sa série des Doggy Bag, dernières œuvres connues de l'écrivain. Néanmoins à chaque fois qu'un nouveau bouquin paraît je me sens irrémédiablement attiré et cette fois encore j'ai cédé à la tentation. Francis, écrivain, a perdu sa femme et l'une de ses deux filles, tuées sous yeux dans un accident d'automobile. Depuis il s'est remarié mais sa vie va se compliquer quand sa seconde fille va disparaître. Est-elle morte ou enlevée ? Sa femme s'éloigne de lui, accaparée par son métier d'agent immobilier, d'ailleurs peut-être a-t-elle un amant ? Pour la première interrogation il engage une détective, une ex du temps de son adolescence et pour la seconde, il demande au fils de la détective, adolescent à problèmes à peine sorti de prison de la filer. Comme toujours dans les romans de Djian, les hommes et les femmes ont toujours du mal à cohabiter et le sexe semble leur seul point d'accord, les ennuis des uns retombent toujours en cascade sur les autres et principalement sur le héros de l'histoire, qu'on imagine toujours être le double de l'auteur. Le style est épuré, sans gras, les phrases assez courtes. Il y a toujours une ou deux références musicales rock pointues ce qui n'étonne personne car on sait l'écrivain amateur du genre, d'ailleurs il a écrit des textes pour Stéphane Eicher à une époque. Un bon roman à mon avis, mais avec Djian je ne sais pas être objectif, il faut bien l'avouer. « Le lendemain, lorsque nous embarquâmes pour Sydney, elle portait de grosses lunettes sombres et n'avait pas desserré les lèvres depuis son réveil. Le psy nous avait conseillé de voyager ensemble, de prendre quelques mois pour nous retrouver et, ma foi, tout ça commençait bien mal. J'étais - m'avait-elle sinon dit, du moins largement fait sentir - la dernière personne au monde avec qui elle avait envie de se retrouver. »
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4.0 étoiles sur 5
Pas le meilleur,mais..., 15 juin 2010
Non, à mon goût ce n'est pas un des meilleurs Djian,il y manque cette fameuse lumière qui éclairait les instants les plus sombres dans tous ses autres livres,l'humour voire la drôlerie que je trouve dans, par exemple, Maudit Manège que je venais de lire pour la énième fois juste avant de me jeter sur Impardonnables.D'ailleurs, Alice et Gloria se ressemblent,aussi pestes l'une que l'autres, les deux "tuent" le protagoniste des deux histoires... Je sais pas comment il va poursuivre,Djian mais quoi qu'il écrive il restera mon auteur favori et si jamais il perdait quelques lecteurs déçus,je n'en serai jamais car aucun écrivain ne m'a apporté autant sur une aussi longue durée ,22 ans, c'est pas mal.
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