Les Bellrays étaient apparus en 2002 sur la scène hexagonale avec l'album " meet the Bellrays" qui n'était, en réalité, que la compilation (partielle) de leurs deux précédents albums : "let it blast (1998) et "Grand fury" (2001). Emmené par la charismatique chanteuse noire Lisa Kekaula, le groupe pratiquait alors un rock énergique matiné de soul, dans la grande tradition du rock de Détroit (MC5, Stooges, Mitch Ryder & the Detroit wheels...)
Restait à decouvrir leur premier album "In the light of the Sun", paru en 1993 sur un petit label de Portland "in Music we trust" (bientôt collector !) et totalement ignoré par la compil "meet the Bellrays"
Meet The Bellrays. Le disque contient 12 titres, beaucoup moins énervés que ceux figurant sur leurs productions ultérieures, ce qui fait ressortir d'autant mieux l'étendue des qualités vocales de Lisa Kekaula qui n'est pas obligée ici de chanter tout en puissance pour essayer de rivaliser avec le déluge sonore délivré par ses acolytes...
Certains titres comme "Crazy Water" ou "Same ground" font intervenir un orgue électrique (un Rhodes ou un Hammond à la Jimmy Smith) et une section de cuivres qui amplifie la coloration soul de l'album, magnifiée par la voix libérée de Lisa. Le titre "Blue, Blue, Blue" sonne même carrément jazz !.... Certains autres morceaux de structure rock plus classique, tel "Wandering Spirits" ou "Footsprings on Water", conservent cependant ce cachet soul, grâce à l'apport de lignes de basse flottantes et de riffs de guitare funk. Mais mon morceau préféré reste sans conteste "Can I make you want me ?" qui alterne le calme et la tempête avec un brio que seules les grandes formations peuvent se permettre....un seul reproche, le morceau est beaucoup trop court à mon goût !
Bref, d'un album acheté au départ sans conviction par simple curiosité, il ressort une pépite soul rock, puissante, équilibrée et inspirée qui mériterait d'être plus connue. Peut-être le groupe lui même a t-il eu conscience d'avoir réalisé là une performance proche de la perfection puisqu'il note en exergue :
"Let it be known that none of this would have been possible without the Grace of God"
Les voies du Seigneur sont décidément bien impénétrables....