C'est l'un des films les plus éblouissants de la décennie qui s'achève, une réflexion époustouflante sur l'amour et le temps. Wong Kar-Waï ne respecte pas les conventions d'une bonne histoire : il ne sait pas quand il commence où l'emmènera son film, il tourne et retourne, change d'avis et fait devenir fous ses financiers, producteurs, acteurs... Mais au final, cela peut donner (pas à chaque fois, "2046" en est la preuve) un chef d'oeuvre.
Dans le Hong Kong des années 60, un homme et une femme découvrent que leurs conjoints respectifs les trompent. Cette trahison les rapproche, peut-elle être le début d'une autre histoire ? A partir de ces prémisses, il faut accepter de s'abandonner et de se laisser porter par les méandres de l'action, comme on se perdrait dans les ruelles à nouilles (avec des échoppes) de la ville anglo-chinoise. Admirablement porté par ses interprètes, In The Mood for Love l'est aussi par sa lumière, sa musique (envoûtante) et par les robes fascinantes - le qipao de Shanghaï - de Maggie Cheung.
Je connais des gens qui sont passés à côté de ce film, c'est tout à fait légitime. Il faut s'y abandonner et accepter les histoires qui n'ont ni queue ni tête mais simplement un long corps mouvant... A cet égard, abandonnez-vous aussi aux bonus qui comprennent d'autres scènes tournées et non incluses au final et qui montrent un autre film en filigrane.