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15 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un chef-d'oeuvre,
Par Isabelle "lectrice sans concessions" (Rognonas,France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : In Utero (CD)
Cobain disait que ce disque aurait du sortir avant "Nevermind", que la progression aurait été (médiatiquement au moins) plus linéaire. Malheureusement pour lui, on sait que ce ne fut pas le cas...Mais pour autant, même si ce disque est moins spontanément accessible que "Nevermind", il n'en reste pas moins un grand disque, à mon sens le plus représentatif de ce qu'était Nirvana. Steve Albini signe une production rêche, dépouillée mais qui capte admirablement le son incroyable que ces trois mecs avaient su créer. Les chansons sont toutes magnifiques ("Pennyroyal Tea", "All Apologies",...), voire prodigieuses ("Milk It", "Tourette's", "Rape Me"), pleine de retenue ou d'explosion sonore. Comme le disait un critique de l'époque, ce qu'elles ont de miraculeux c'est d'"avoir une mélodie boxée dans les cordes, maltraitée, malmenée mais qui tient toujours debout". Et puis (et peut-être surtout), il y a cette voix incroyable de Cobain, magnifiée encore par la prise de son d'Albini. Une voix où le pathos le dispute à la colère, où la rage et le désespoir se mêlent intimement, comme jamais peut-être avant et après non plus... Ce disque est sorti il y a 10 ans maintenant, mais quand j'écoute "Milk It", ça me fait toujours autant froid dans le dos. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Toutes mes excuses,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : In Utero (CD)
Longtemps que je n'avais pas réécouté mon Nirvana préféré. Que ça fait du bien. Pourquoi In Utero surpasse allégrement Nevermind ? Parce qu'il est plus varié et cependant plus cohérent. Nevermind aligne les titres comme des tubes, mais attention hein, de bons tubes (On A Plain, c'est du sérieux), alors que In Utero creuse, cherche, tente de rassembler les Melvins et Robert Johnson, les Beatles et Sonic Youth. En voilà un vrai album : un début, un milieu, une fin, des moments forts, des moments calmes, sous une seule volonté : tout donner.Le choix de Steve Albini à la production se montre payant. Qui d'autre aurait pu capter l'énergie de ces trois punks ? En laissant les pics, les trucs qui dépassent, au lieu de les lisser, il offre à Cobain le son dont Nirvana avait besoin pour cotôyer ses modèles. Paradoxalement, on trouve du violoncelle, judicieusement placé lui aussi : il supporte All Apologies tout en ajoutant à la discorde des paroles. J'aurai aimé un autre album après celui-là. Sûr qu'il aurait poussé l'expérimentation. Sûr qu'il aurait invité Beck et Thurston Moore, pour enregistrer des cassettes en train de fondre, tout en jouant sur une note, comme lui aurait soufflé Brian Eno, tandis que Buzz Osbourne aurait joué du larsen : de la guitare sans les mains. Il se serait appelé De Profundiis. Il aurait libéré le chanteur, assagi le batteur, il aurait été violemment rejeté par nombres de journaux, il aurait fait soulever l'enthousiasme d'autres publications. Il manque un album, au moins un. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Âpre, saignant, décapant jusqu'à l'os... et déchirant.,
Ce commentaire fait référence à cette édition : In Utero (CD)
« In Utero » est l'album de Nirvana qui rassemble probablement toutes les qualités qui nous ont amenées à aimer le groupe de Seattle.Tout d'abord « In Utero » renoue avec le côté viscéral du rock (et qui nous ramène à « Bleach ») grâce à une production remarquable (le désormais célèbre Steve Albini aux manettes) qui réussit à faire sonner Nirvana exactement comme en live : rageur, hargneux, puissant. La batterie sonne encore plus comme un fracas de tonnerre, le son crade des guitares se fait encore plus tranchant que pour « In Bloom », et les textes sont encore plus affligés (il est question d'anatomie, de chair, de famille éclatée, de viol - enfin, d'anti-viol...). Puis « In Utero » contient ces fameux titres pop (si caractéristiques au fantastique « Nevermind ») dont le son (on y revient encore) a sans doute un peu mieux vieilli que son prédecesseur (« Rape Me » en tête). On ne dit jamais assez que la plupart des compositions de Kurt avaient une structure plutôt pop et que Nirvana avait finalement plus de similitudes avec les Beatles qu'avec Bush ou Soundgarden (bon, et ceux qui les comparaient à l'époque avec les Guns'n'Roses n'avaient définitivement rien compris...). Et enfin, il ya quelques ballades sublimes, comme au bon vieux temps de « Polly » et « Something In The Way » (« Dumb », « All Apologies »), où la voix d'angelot fragile de Kurt prend toute sa dimension : une voix d'écorché vif trop sensible, aux épaules trop frêles. Bon, en somme, les mêmes qualités que pour Nevermind ? Pas tout à fait. Il ressort de ce disque, certainement dû à ce que tout le monde sait déjà (un Kurt Cobain incapable d'intégrer le succès énorme de Nevermind, en pleine dépression, et accro à l'héroïne), à la fois une liberté et une sincérité plus évidentes et plus émouvantes que pour Nevermind. « In Utero » est dénué d'artifices, mais il prend aux tripes. C'est à tout le corps que l'album s'adresse. Même les défouloirs du disque (le fabuleux « Tourette's » !) ont ce supplément de sincérité, de mise à nu, qui élevent Nirvana au-dessus de pas mal de ses congénères de l'époque. Et puis, il y a ce titre incroyable « Heart-Shaped Box » (dont le clip - aux accents macabres - colle tellement bien au propos et à l'atmosphère du titre, et contient des images tellement saisissantes qu'on s'en souvient encore) qui reste à mes yeux la quintessence de la musique de Kurt : cru, âpre, saignant, mais tellement sincère et déchirant... Alors bien sûr, les détracteurs s'attaqueront aux limites techniques et musicales du groupe : « Nirvana ? Ils savent jouer trois accords ! ». Et pourtant, beaucoup d'oreilles musicales averties encensent Nirvana. Charmer avec aussi peu de technique relève soit de la magie, soit du talent. Tout dépend de votre niveau de mysticisme. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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