Ce disque est considéré comme un renouveau pour Bob Dylan, suite à sa période chrétienne que beaucoup considèrent comme un échec (paroles inconsistantes, musique gospel peu appropriée). En réalité, ce disque un peu fourre-tout n'est pas réellement réussi, c'est même un ratage, mais Bob ne faisant pas les choses à moitié, c'est un ratage sublime. Dylan a embauché le guitariste Mark Knopfler de Dire Straits, qui jouait déjà sur les disques précédents et s'est adjoint la mythique rythmique Sly & Robbie que l'on retrouve sur les disques de Peter Tosh ou encore sur Aux Armes, etc. de notre Gainsbourg national. Le résultat n'est en rien un disque de reggae mais plutôt un disque hybride, où Dire Straits rencontre des rythmes jamaïcans qui ne semblent pas toujours à leur place, engager Sly & Robbie pour leur faire faire du Boum Boum pendant des heures : il falait quand même oser. quant à Mick Taylor des Stones, sa présence est on ne peut plus discrète, comparée à l'omnipotence de Knopfler. La production est bien celle des années 80, la voix est trop réverbée et les caisses claires sont claquantes. Néanmoins, il y a quelque chose de sympatique dans ce disque, il y a du Rock'n'roll (Neighborhood Bully), du moins du rock comme on pouvait l'envisager à l'époque, il y a aussi l'excellent morceau d'ouverture, Jokerman. Un regret, toutefois, le meilleur morceau du disque est absent : Blind Willie McTell, l'un des meilleurs morceaux de Dylan, l'un des meilleurs morceaux jamais enregistrée, prévu sur ce disque a été retiré par l'artiste, on le retrouve sur le Bootleg vol.1 à 3. Quel dommage ! Cet album est aussi l'occasion de reconsidérer ce qui suit et précède, les sous-estimés Slow Train Coming et Empire Burlesque.