Oui vous avez bien lu ; non ce n'est pas le film de Tarantino. Quentin a 15 ans quand il savoure une chronique dans Variety sur cette petite production italienne, non diffusée en salles aux Etats-Unis. Il devra attendre quelques années pour la découvrir, à la TV. Passionné de films d'action de série B, celui-ci le scotche dans son canapé. Il devient un de ses films cultes, auquel il rendra hommage dans Inglourious Basterds, avec le succès qu'on lui connaît.
Ne nous méprenons pas : le film de Tarantino n'est en rien une copie ou un remake de son aïeul, qui souffrirait la comparaison. En revanche, celui de Castellari a eu le mérite d'inspirer Quentin, qui travaillera pendant dix ans à en améliorer brillamment le scénario. De l'original, il ne reste que l'étincelle initiale, « à partir de laquelle on peut tout imaginer« , dira le génie américain.
Inglorious Bastards débute ainsi : au beau milieu de la France occupée par les nazis, des soldats américains se trouvent condamnés par leur hiérarchie pour désertion, meurtre ou insubordination. Sur le chemin de la prison, cinq d'entre eux profitent d'une attaque surprise allemande pour prendre la clé des champs.
Décidés à se réfugier en Suisse, ils se trouvent enrôlés, par la force des choses, dans une mission quasi-suicidaire : voler un prototype de fusée allemande V2 en transit dans un train plus gardé que la Maison blanche. Mais avant, il devront aller mettre le boxon dans un château bourré de SS.
Après avoir brillamment versé dans le western spaghetti, au point d'acquérir le surnom de « Sam Peckinpah européen », Castellari signe ici le plus emblématique des films dits « macaroni combat ». Dans la pure tradition du genre, les effets spéciaux sont sommaires, les dialogues peu profonds, les clichés énormes, le doublage exécrable, la violence omniprésente. Des tares inhérentes au budget lilliputien de ces productions italiennes, qu'il faut savoir dépasser.
Car si le cinéphile pointilleux va crier au navet, l'amateur plus tolérant pourra apprécier un plaisant divertissement. Bo Svenson rayonne d'élégance dans son rôle de chef d'une bande de gamins chamailleurs. Le film s'avère bien rythmé, à grand renfort de lourdes explosions et de combats au pistolet assez kitsch. Et certains passages sont franchement drôles, comme cette scène où les zigotos se font canarder par des Allemandes dans leur plus simple appareil.
Bref, un film parfait pour un dimanche après-midi d'automne, à regarder en VO.
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