L'histoire du film : Julie (Romy Schneider) est mariée à Louis Wormser (Rod Steiger), un homme riche et alcoolique. Elle devient la maîtresse de Jeff, un jeune écrivain... Tous deux décident de supprimer le mari gênant, mais c'est Jeff qui disparaît. Il s'agit en fait, d'une machination ourdie par Louis afin d'exercer un chantage sur sa femme...
Dès le début, c'est mal parti... Claude Chabrol n'arrive pas à rassembler tous ses fils, ni à boucler son histoire... il laisse ses comédiens évoluer en roue libre... Mais comme il a la chance d'avoir la merveilleuse Romy sous la main, il fixe la caméra sur elle... Alors pendant l'absence du mari et de l'amant, on la promène de bureau du juge d'instruction au bureau de poste... Romy schneider inquiète, Romy Schneider apeurée, Romy Schneider sophistiquée, Romy Schneider ruinée... et de toute façon, il y aura toujours quelqu'un pour dire que Chabrol établit une certaine distanciation par rapport à la structure traditionnelle du polar...
Le film est bourré d'artifices et l'accumulation de coups de théâtre nous conduit aux limites de la parodie du genre. Mais paradoxalement, plus la situation devient délirante, plus les ressorts de la psychologie féminine en deviennent fascinants... les trouvailles sur lesquelles Romy s'appuie sont parfois surprenantes.
L'artifice qui me semble le mieux conceptualisé dans la construction régressive de l'histoire, se manifeste visuellement et physiologiquement par la posture de Romy. Elle commence le film nue, cuisses écartées et le termine dans la position du foetus. Par cette division du récit en deux parties, Chabrol focalise la première par le cliché de la "salope blonde criminelle", puis la seconde par un véritable retournement du spectateur en sa faveur.