C'est avant tout sur scène qu'on peut juger avec exactitude des qualités des Kooks – et pas vraiment avec cet album ou son successeur,
Konk, qui ne sont pas parvenus à restituer toute l'énergie dont ils font preuve devant un public, plus spécialement quand celui-ci est presque entièrement féminin. Néanmoins, soyons clairs,
Inside In/Inside Out représente déjà une oeuvre dont ne peuvent pas s'enorgueillir tous les groupes anglais débutants.
Après une courte chanson acoustique un peu trompeuse (
« Seaside »), la formation catapulte un titre bien nerveux,
« See the World »,
et passe ensuite à la pop, dans
« Sofa Song » où c'est l'influence de Ray Davies – auteur qui ne cesse d'être redécouvert outre-Manche – qu'on entend, comme sur plusieurs autres titres. Moins neuneu qu'il en a l'air, Luke Pritchard sait aussi se montrer coquin, comme dans
« Eddie's Song » ou
« Jackie Big Tits », qui sonnent cependant plus comme des blagues de potache et alourdissent le propos.
Sur certaines chansons, quelques nappes d'orgue bien vieillot pimentent une rythmique basique et qui va à l'essentiel. Le triste et lent
« Got No Love » ferme la marche, sur un ton plus réfléchi que sur le reste du disque. L'efficacité des singles
« Ooh La »,
« She Moves in Her Own Way » et
« Naïve » ne pouvant être discutée, on se demande bien ce qu'une certaine partie de la critique reproche au groupe : trop propret ? Trop mignon ? Ou peut-être arrive-t-il tout simplement en même temps que beaucoup d'autres dans le même genre ? On se dit alors que seul le temps permettra de remettre les vrais talents des Kooks en évidence et leur donnera leur vrai public.
En attendant qu'ils enregistrent un jour un album maîtrisé d'un bout à l'autre, celui-ci fera l'affaire.
Frédéric Régent - Copyright 2012 Music Story