Bohuslav Matousek est sans doute le violoniste qui défend et illustre l''œuvre de Martinu avec le plus de constance. Il avait déjà enregistré (très bien) l''oeuvre pour violon et piano chez Supraphon
Bohuslav Martinu: Works for Violin and Piano, Complete(dont la Rhapsodie tchèque, ici dans une version avec orchestre qui n''est pas de la main de Martinu lui-même). Le voici chez Hyperion pour les œuvres concertantes, dont ceci est le second volume (quatre en tout, tous parus). On illustre avec les deux concertos proposés sur ce disque deux faces de la personnalité du compositeur. Plus dramatique, très «années 30 », le Concerto da camera H 285 est proche du plus célèbre Double concerto H. 271, œuvre également écrite pour Paul Sacher. Bel Adagio éploré. Honegger appréciait Martinu, et on comprend pourquoi. Tout en faisant également référence au modèle du concerto grosso, le Concerto pour violon, piano et orchestre H 342 composé après guerre évoque surtout par son lyrisme exubérant et son optimisme déraisonnable des œuvres tardives comme les Fresques de Piero della Francesca et la Sixième symphonie.
Il y a dans la musique de Martinu, qu''on reconnaît toujours très vite, un côté mal peigné, impulsif, comme «griffonné dans le train la veille de la première » qui peut indéniablement séduire. Si le travail des interprètes est impeccable, et Matousek égal à lui-même dans une musique qu''il connaît comme personne, la Philharmonie tchèque sonne ici comme un bon orchestre de plus, et non comme la formation unique qu''elle a été.