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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Quatrième volume, quatrième réussite,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Intégrale des Quatuors vol.4 (Nos 5, 9 & 14) (CD)
Comme nous avons eu déjà l'occasion de le dire dans nos posts précédents les volumes 1, 2 et 3 de l'intégrale en cours des quatuors de Weinberg par le Quatuor Danel, maintenant complétés d'un quatrième tome, sont en passe de constituer une référence durable. (voir nos posts Mieczyslaw Weinberg : Quartuors à cordes , Vol. 1 / Quatuor Danel et Mieczyslaw Weinberg : Quartuors à cordes , Vol. 2 / Quatuor Danel et Weinberg: String Quartets, Vol. 3).Ce quatrième disque regroupe trois quatuors des trois principales époques auxquelles Weinberg s'adonna au genre. Le quatuor N°5 date de 1945 et constitue l'avant-dernier de la série des six quatuors qu'il composa à partir de 1943 lorsqu'il s'installa à Moscou. Comme pour chacune de ces pièces, cet opus comporte autant de mouvements que son numéro, soit cinq. Pour la première fois, Weinberg donna un titre à chacun des mouvements (Melodia, Humoreska, Scherzo, Improvisation et Serenata). Ce qui frappe avant tout c'est l'économie de moyens mis en oeuvre ici. Entrée du premier violon en solo pendant une minute ou plus dans Melodia et Improvisation, entrée du second violon à la mesure 107 de la sérénade en sont des exemples. Tout comme la ligne mélodique simplissime de chaque mouvement et les rares moments où les quatre instruments jouent ensemble. C'est pour moi le plus beau des quatuors de Weinberg, celui qui pousse très loin les limites habituelles et qui ouvre d'infinies perspectives. Le quatuor N°9 remonte à 1963. Ancré dans une tonalité de fa dièse mineur, il revient aux formes classiques en quatre mouvements bien distincts, tous notés "attacca". Le premier mouvement en est très énergique et joué forte tout du long avant de céder la place à un second mouvement en pizzicati pendant plus de cinq minutes. Puis un troisième mouvement élégiaque, en forme de valse avant que les instruments se mettent à jouer en sourdine. Enfin, pour conclure, un mouvement en forme de sonate qui s'achèvera sur un final optimiste et serein. Le quatuor n°14 nous projette en 1978. Comme pour l'essentiel de ses derniers quatuors, seules figurent des indications métronomiques. Aux interprètes de décider du style. Les cinq mouvements sont très contrastés et donnent un aperçu des multiples combinaison auxquelles l'art du compositeur lui permet de s'adonner. Une fois de plus, le jeu du quatuor Danel est absolument parfait et la prise de son nous a semblé meilleure que sur chacun des trois précédents volumes. Le plus beau disque des quatre superbes commentés jusqu'ici ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Les Quatuors à cordes N° 5, N° 9 et N° 14 de Mieczyslaw Weinberg, remarquablement interprétés par le Quatuor Danel,
Par JRL (France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Intégrale des Quatuors vol.4 (Nos 5, 9 & 14) (CD)
Le années 1944 et 1945 furent extrêmement fécondes pour la musique de chambre de (Moishei) Mieczyslaw (Vainberg) Weinberg (1919-1996), qui virent notamment la composition de ses « Chants juifs » d'après Samuil Galkin (Richard Margison, tenor ; Dianne Werner, piano ; RCA Victor Red Seal 87769 2, 2006 - ASIN : B000I0QKII), de ses trois « Cahiers pour les enfants » (Anatoly Sheludyakov, piano ; Olympia, 1996 - ASIN : B0000260LT), de sa Sonate pour clarinette et piano (Joaquin Valdepenas, clarinette ; Dianne Werner, piano ; RCA Victor Red Seal 87769 2, 2006 - ASIN : B000I0QKII) , de sa Sonate pour violoncelle et piano N° 1 (Alla Vasilieva, violoncelle, Mieczyslaw Weinberg, piano ; CD Russian Disc RD CD 11026, 1994 - ASIN B000001LNS), de son Trio pour piano (Dmitry Sitkovetsky, violon ; David Geringas, violoncelle ; Jascha Nemtsov, piano ; Hanssler Classics, 2006 - ASIN: B000E6TX5S), de ses Quatuors à cordes N° 3, N° 4 (Quatuor Danel ; CPO, 2007 - ASIN B002WVYSOY), et N° 5 et de son Quintette avec piano (Quatuor Borodine ; Mieczyslaw Weinberg, piano ; Olympia, 1994 - ASIN: B0000260J6), des oeuvres d'un très large spectre expressif.Le premier mouvement du Quatuor à cordes N° 5 Op. 27 de Weinberg composé en 1945, « Melodiya » (Andante sostenuto), tout comme le début du quatrième mouvement de ce même Quatuor, « Improvisation », s'ouvre sur un long solo du premier violon, un économie de moyen que son ami Dmitri Chostakovitch (1906-1975) retiendra, sept ans plus tard, pour le mouvement lent de son cinquième Quatuor ; comme dans un grand nombre de mouvements lents de weinberg, la mélodie, plutôt qu'une pulsation dynamique, est à la base du début du présent Quatuor. Mais, contrairement à Chostakovitch, qui utilise souvent un mouvement lent à l'athmosphère élégiaque pour introduire un scherzo démoniaque, il n'y a rien de tel chez Weinberg, et les mouvements qui suivent sont aussi directs que ne le suggèrent leurs titres, « Humoreka » (Andantino), « Scherzo » (Allegro molto), « Improvisation » (Lento) et « Serenata » (Moderato con mùoto). Le Scherzo central constitue le point culminant de l'oeuvre - une chevauchée énergique qui constitue un véritable tour de force pour les interprètes lorsque l'on respecte, comme ici le Quatuor Danel, les indications métronomiques. L'oeuvre se termine sur une authentique cadence, dont se dégage une mélancolie étrange. Weinberg n'avait utilisé une construction standard en quatre mouvements pour ses Quatuors que pour les premier, second et quatrième ; il y revint pour son Quatuor à cordes N° 9 Op. 80, écrit en 1963, notant simplement que tous les mouvements devaient être joués sans interruption. L'Allegro molto initial constitue, avec son impulsion rythmique et son énergie contrapuntique fortissimo, une entrée en matière impitoyable, mouvement de forme sonate extrêmement concentré ; strictement motorique, formé de deux thèmes aux tempos très différents qui se succèdent sans développement ni ré-exposition, très libre dans l'agencement tonal et thématique, la très forte pression qui s'en dégage n'est pas entravée par la subdivision du mouvement en différentes sections ; il se termine abruptement sur une fermata. Le Scherzo qui suit a l'allure d'une valse ; après les premières mesures jouées avec emphase, les instruments prennent leur sourdine ; les deux motifs de ce mouvement, caractérisés par une tendre mélancolie, alternent, et leurs dialogues se croisent jusqu'aux fragiles harmonies de la fin. Le troisième mouvement est un Andante élégiaque, néanmoins interrompu à l'occasion par des sommets dramatiques ; d'une forme extrêmement libre, il commence à la manière d'une passacaille, dont le déroulement est toutefois interrompu par de longs intermèdes. Le dernier mouvement, Allegro, est écrit dans une forme sonate ample, mais où le caractère des deux thèmes semblent se contredire ; l'oeuvre s'achève néanmoins sur une conclusion qui sonne comme une danse populaire, et l'oeuvre, jusque là sérieuse, se tourne vers la bonne humeur et se termine sur un accord noté 'fff' en fa dièze majeur. Ce Quatuor à cordes de Weinberg semble avoir beaucoup séduit Dmitri Chostakovitch, et l'on peut penser que la ressemblance de la texture des premières mesures du troisième mouvement de ce neuvième Quatuor de Weinberg avec le mouvement lent du dixième Quatuor que Chostakovitch écrira un an plus tard n'est pas fortuit... Les onzième et douzième Quatuors du même Chostakovitch reprendront d'ailleurs également ensuite des éléments du début et du final de ce neuvième Quatuor à cordes de Weinberg, Quatuor qui fut créé le 27 mars 1964 en la Salle Lesser du Conservatoire de Moscou par le Quatuor Borodine. Le Quatuor à cordes N° 14 Op. 122, écrit en 1978, est dédié au compositeur et ami de Weinberg, Youri Levitine (1912-1993). Les cinq mouvements de l'oeuvre se succèdent, comme pour le neuvième Quatuor, sans interruption, en adoptant toutefois des caractères très contrastés, et ne sont définis, à l'opposé du choix qu'avait adopté Weinberg pour son cinquième Quatuor, que par une indication métronomique, sans aucune allusion à leur caractère. Le premier mouvement, « noire = 96 », se base sur deux motifs en opposition ; le violoncelle s'engage d'abord dans un dialogue animé, parsemé d'interruptions et de pauses, alors que la deuxième partie unit les quatre instruments dans une écriture fortement rythmée, pendant laquelle on note une densification de la textures des deux motifs, et une intonation de plus en plus dissonante ; après un passage fortement imitatif indiqué « grand détaché », pendant lequel les notes sont articulées séparément et qui ébauche de la sorte une sorte de synthèse, le mouvement se conclut de façon abrupte. Un solo passionné du violoncelle marque le début du mouvement lent, « noire = 63 », qui suit, puis l'entrée imitative de l'alto suggère le début d'une fugue ; mais la musique, qui semble alors rechercher le havre sécurisant de la consonance, n'atteindra pourtant ici qu'un calme très relatif. Les deux mouvements qui suivent, joués en sourdine, tendent eux aussi vers une fin résignée ; le troisième, « noire = 108 », apparait d'abord, avec ses paires de double croches pressées, comme un Scherzo typique de Weinberg, dansant, aux couleurs ethniques ; le mouvement se poursuit toutefois comme un mélange de souvenirs angoissants bien que, au quatrième mouvement, « noire = 54 », l'alto semble manifestement avoir en main les clés qui lui permettraient de transformer en mélodies plus sereines la thématique angoissée qui précédait. Le final, « noire = 152 », semble toujours pouvoir donner à l'oeuvre une toute autre direction que celle qui prévalait au début, et l'on entend par exemple des cellules mélodiques qui grandissent et reçoivent un véritable soutien harmonique, ou bien, entre des accords parfaits ascendants qui se forment à partir des thèmes arpégés du second violon, des lignes staccatos qui possèdent manifestement un grand potentiel évolutif ; les sourdines sont enlevées, et le violoncelle évoque le début du premier mouvement, dans ce qui parait être un résumé cyclique, tandis qu'un nouveau passage en « grand détaché » habille le thème principal de couleurs audacieuses ; mais la musique est finalement promise à un autre destin : des contrastes thématique non résolus, de fragiles harmoniques au second violon, au violoncelle et à l'alto, et, pour finir, une dernière cadence insondable, indiquée « sans expression ». Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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