Cet enregistrement est, avec le volume 1 chez Naxos, un des meilleurs enregistrements des sonates de Scarlatti au piano. Lewin y est absolument parfait, d'une virtuosité sans faille, d'une douceur sentie. Ce n'est pas tout de le dire, écoutez, votre pied battra en ryhtme le sol et vous aurez même parfois envie de taper des mains ; les mouvements lents sont tout aussi réussis, sans affèterie aucune, sans sensiblerie, les jeux chromatiques de cette musique vous entrâinant dans une mélancolique contemplation.
J'ai entendu Alexandre Thareau hier, c'est exactement ce que je n'aime pas dans Scarlatti, sensible, lent... Ici, on retrouvera le jeu, la danse, les crépitements et les feux d'artifice, et également une rigueur, une étrange douceur. Ce que j'aime dans cette interprétation, c'est que le pianiste semble laisser uniquement parler la musique, sans ego, sans en rajouter, simplement, avec une compréhension des partitions juste et honnête.
Et pour couronner le tout, la qualité d'enregistrement est plutôt bonne.
Très souvent, ceux qui sont considérés comme de grands pianistes en font trop (ou pas assez), comme si l'enregistrement qu'il léguait était définitif, c'est le cas de Pogorelich (trop), Schift (pas assez) ; ah que la simplicité est difficile à tenir quand on est considéré comme un des plus grands pianistes ! surtout dans Scarlatti.
Je crois en avoir dit suffisamment pour que les mélomanes comprennent pourquoi de mon point de vue, ce disque est magique, les autres comprendront aussi que ce n'est pas pour eux...