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Internet et après ? Une théorie critique des nouveaux média
 
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Internet et après ? Une théorie critique des nouveaux média [Poche]

Dominique Wolton
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C'est un fait, le phénomène Internet fascine. La "révolution Internet", l'avènement de l'"ère Internet", la "nouvelle économie"... ces expressions passées dans le langage courant attestent une foi inébranlable dans ce nouvel outil de communication. Serions-nous tombés sous l'emprise d'une nouvelle idéologie selon laquelle une révolution dans les techniques suffirait seule à révolutionner la société ? Peut-on légitimement parler de "rupture" entre les médias de masse et les nouvelles technologies ?

En développant une théorie de la communication qui refuse de voir dans la technique l'essentiel de la communication, Dominique Wolton, directeur de recherche au CNRS et auteur de Penser la communication, relativise l'impact d'Internet. À travers une mise en perspective critique particulièrement convaincante, il démontre que de la mondialisation de la communication ne saurait découler une "communauté internationale", et propose dès lors une nouvelle manière de penser les médias. --Laurence Lim

L'Entreprise

A contre-courant
C'est le discours à la mode, largement repris par les hommes politiques, les journalistes, les spécialistes de tout bord : Internet est une véritable révolution qui va donner naissance à une nouvelle société ! Pas si vite, prévient Dominique Wolton, directeur de recherche au CNRS, où il dirige le laboratoire Communication et politique.

Cette analyse rapide relève de l'idéologie du progrès et suppose que c'est la technique qui va directement changer la société comme les individus. Certes, les prouesses techniques actuelles sont immenses, mais ce n'est pas en transmettant toujours plus vite un nombre croissant d'informations que l'on communiquera mieux ! Aujourd'hui, le succès d'Internet repose sur trois mots : autonomie, maîtrise, vitesse, qui, souligne l'auteur, nourrissent de " douces utopies ". Celles d'un monde ouvert, accessible à tous, égalitaire, solidaire, capable de susciter la créativité...
Or que contient le Web ? Essentiellement quatre catégories de données : des services (renseignements, réservations, annonces...) ; des loisirs (jeux interactifs) ; de l'information événement ; enfin, de l'information connaissance (banques de données souvent payantes). Cette dernière n'est pas créée par la technique, elle est le résultat d'un savoir et d'une construction. L'informatique permet tout juste ici de gérer un nombre croissant d'informations et de connaissances. Dans l'ensemble, cette offre du Web précède la demande du grand public. Et les inégalités socioculturelles se retrouvent dans l'utilisation de ces quatre services, tout particulièrement par rapport à l'information connaissance.

Le Web n'engendre donc pas l'égalité. Développe-t--il de nouvelles solidarités ? Dominique Wolton craint plutôt qu'il ne favorise la " solitude interactive ". Plus que sur Internet, le lien social repose encore, et sans doute pour un certain temps, sur les bonnes vieilles télés et radios tant décriées ! Et si les démocraties européennes veulent rester fidèles à leur projet d'émancipation politique, estime l'auteur, elles devront se pencher sur la réglementation des nouveaux médias pour éviter que liberté de communication ne devienne synonyme de loi de la jungle. --Delphine Sauzay--

Description

Internet est-il une révolution aussi importante que la radio dans les années 20 et la télévision dans les années 60 ? Pour penser les nouveaux médias, il faut les replacer dans une théorie générale de la communication et ne pas confondre progrès technique et communication humaine. Certes, les derniers perfectionnements techniques sont inouïs, mais ce n'est pas en transmettant toujours plus rapidement un nombre croissant d'informations que l'on communiquera mieux. Vient en effet toujours un moment où il faut éteindre les machines et commencer à se parler... C'est l'objet de ce livre : comparer les avantages et inconvénients respectifs des médias classiques et des nouveaux médias, relativiser le thème de la " révolution de la communication " et rassurer ceux qui se croient, à tort, dépassés. Internet ne créera pas magiquement une société où toute information circulerait librement et pacifiquement, où les rapports sociaux seraient miraculeusement modifiés. Le Web ne supplantera pas la radio et la télévision dans leur rôle essentiel de lien social. Si nos démocraties veulent rester fidèles à leur projet d'émancipation politique, elles doivent réglementer les nouveaux médias et éviter ainsi que la liberté de communication ne devienne synonyme de loi de la jungle.
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