De même que Smetana symbolise la Bohême, Grieg figure, à lui seul, la Norvège. Son Opus 27 dénote d'une prodigieuse vitalité et d'une diversité d'inspiration étonnante. Privilégiant la rapidité des tempos, le voyage commence par le Grand Nord avec un premier mouvement aussi cinglant qu'un vent polaire. Rythmé à la manière d'une valse, le second, plus débonnaire, nous conduit vers un troisième très contrasté, aux accents hispaniques et bohémiens, pour se conclure en apothéose dans un final bondissant, presque folklorique. Moins métaphorique, l'Opus 56 de Sibelius l'est certainement. ¼uvre maîtresse du compositeur finnois, il réclame davantage d'attention pour se livrer totalement, mais lorsqu'il y parvient, c'est sans compter qu'il accorde ses privilèges à celui qui aura cherché à le comprendre. Le bref Opus 58 du danois Nielsen s'intercale judicieusement dans ce superbe programme. Un triangle géographique tracé par une prise de son très soignée. Sans doute parce réalisée dans une salle assez grande, elle ne révèle pas de caractère acoustique particulier. L'image sonore n'en est pas moins précise et homogène. La cohérence spatiale est irréprochable et tranche radicalement avec les enregistrements plus spectaculaires, mais vite fatigants. Un disque coup de c½ur.