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Pour son 7e film, Patrice Chéreau a choisi de s'exiler dans les brumes de Londres pour mieux sonder les ressorts de la passion amoureuse. Car c'est bien ici d'amour dont il est question, tout autant que de sexe, et de l'impossibilité à communiquer. Intimité, c'est un peu la rencontre de Sautet avec le Bertolucci du Dernier Tango, la roublardise en moins. Chéreau a co- écrit le scénario en compagnie d'Anne-Louise Trividic et surtout d'Hanif Kureishi, complice des débuts de Stephen Frears (My Beautiful Launderette, Sammy et Rosie s'envoient en l'air), en adaptant deux nouvelles de ce dernier. Le résultat est d'une exceptionnelle rigueur, à la limite de la froideur, comme l'est également la photographie du film, notamment durant les scènes de sexe – ou d'amour, c'est selon. Ici la chair n'est ni triste, ni festive. Elle est bien plus que cela : essentielle, vitale. Mais très vite elle ne suffit plus, à Jay du moins, trop surpris de ce cadeau improbable qui lui est fait par une femme dont il ne connaît même pas le prénom : l'abandon, total, éphémère et gratuit. L'une des forces du récit est de montrer à quel point ces deux êtres qui ne se parlent pas, ignorant tout l'un de l'autre, fantasment sur une supposée plus grande force morale de l'autre. Claire est persuadée que Jay sait où il va, quand celui-ci envie la maîtrise de Claire et cette vie dans laquelle il va finir par s'immiscer de plus en plus. Ours d'or à Berlin, Intimité est servi par un duo d'acteurs exceptionnels, Kerry Fox, révélée au grand public dans Petits meurtres entre amis, et Mark Rylance, plus habitué aux planches des théâtres shakespeariens. Les seconds rôles sont également remarquables, à commencer par une très émouvante Marianne Faithfull. Une grande réussite, crue, cruelle et désenchantée. --Michaël Cuq
Synopsis
Ed Saxon est professeur de littérature dans le lycée d'une ville de province américaine. Il est 3h15 et Ed Saxon ne dort toujours pas. Eve, sa femme, n'est pas rentrée la veille. Très inquiet, il finit par appeler la police. Les heures et les jours passent, Ed perd progressivement le sens du temps et des réalités...