Le talent de Dead Can Dance est aussi énorme que l'influence qu'ils ont eu - et ont encore - sur la musique contemporaine. Sur fond de mysticisme flirtant avec la musique religieuse, ethnique, folk ou rock, le duo Lisa Gerrard / Brendan Perry s'est constitué une discographie de tout premier ordre mettant en évidence une vision profonde et contemplative en utilisant un panel d'instruments impressionnant, complétés par la maîtrise vocale reconnue de Lisa Gerrard et celle, moins mise en évidence, de la qualité des textes de Brendan Perry.
A défaut d'être l'incontestable meilleure production de Dead Can Dance (nous pourrions tout aussi bien nous tourner vers le sombre et grandiose « Within the Realm of a Dying Sun », le très médiévalisant « Serpent's Egg » ou « Aion » aux sonorités Renaissance), INTO THE LABYRINTH est sans doute leur oeuvre la plus diversifiée, alliant les rythmes tribaux (« Saldek », « Yulunga ») aux pièces folkloriques (« The Wind that Shakes the Barley ») et aux ambiances world (« The Ubiquitous Mr. Lovegrove ») avec pour terminer, cerise sur le gâteau, une adaptation magistrale d'un texte de Brecht (« How Fortunate the Man with None, à tomber) donnant un large éventail du talent de Lisa Gerrard et Brendan Perry. Le chant du cygne du groupe en quelque sorte, avant un quelque peu décevant « Spiritchaser » qui préfigurait la séparation initiale du groupe. Avant une reformation du plus bel effet en 2004, desservi par une tournée magistrale dans la foulée, qui laisse - enfin !- entrevoir des lendemains meilleurs dans un paysage musical indépendant désespérément aride...
En résumé, si ça n'est pas déjà fait, plongez-vous sans réserve dans la discographie de ce duo absolument incontournable, et dont cet album constitue peut-être, en raison de sa diversité, la meilleure des entrées.