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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
La méthode historico-philosophique de Kurt Flasch,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Introduction à la philosophie médiévale (Broché)
Ce livre d'introduction propose un panorama qui surprendra ceux qui imaginent encore "la philosophie du Moyen Age" comme un oxymore, ou ceux qui la conçoivent encore comme parlant d'une seule voix. La diversité, l'évolution, les controverses, les enjeux de la pensée entre Alcuin (v.800) et L'éloge de la folie d'Erasme (1525) manifestent non pas une mais des philosophies et des philosophes. Des hommes inscrits dans leur culture et leur société, qui se répondent, se complètent, et le plus souvent s'opposent. C'est cette dimension polémique que le livre met en avant. Les critiques ont été parfois rudes lors de la sortie de la première édition (1987). On lira avec un grand profit la postface que Flasch a ajouté à cette réedition : il y répond aux critiques en expliquant comment il aborde l'histoire de la philosophie médiévale et pourquoi.
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
De l'énoncé théologique comme affirmation de soi,
Par Caetano Veloso (France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Introduction a la philosophie medievale (Poche)
« Les libri carolini restent un document unique pour l'histoire du conflit entre l'Occident latin et Byzance. Ils nous font découvrir quel était, vers l'an 800, l'usage que l'on pensait faire de la philosophie. Par ce texte, Charlemagne entra dans ce qu'on appelle la querelle des images (...) En termes violents, ceux-ci démontrèrent que Byzance avait une conception de la politique et de l'art parfaitement irrationnelle et hérétique. Sur le plan politique, Charlemagne critiquait sévèrement la formule byzantine, selon laquelle Dieu était appelé « corégent » de l'impératrice ; une telle désignation effaçait les frontières entre le créateur et la créature. La conception que les Francs se faisaient de la charge impériale était plus pragmatique et, comme le soulignait Charlemagne, plus modeste : Dieu règne parmi les hommes, mais par l'intermédiaire d'un maître terrestre ; il règne dans leur caeur par la foi ; ce n'est que dans l'au-delà que les hommes régneront avec Dieu. Le roi est seulement responsable de l'administration de la vie terrestre : ni lui, ni son image ne doivent faire l'bojet d'une vénération religieuse.(...) Les libri carolini témoignaient d'une nouvelle appréciation de soi, décisive pour l'Occident. Ils faisaient comprendre au pape et aux Grecs que le passage du pouvoir aux mains des Francs était aussi une réalité culturelle et religieuse. C'est avec un certain mépris que Charlemagne parlait de la « superstition » des Grecs. L'Europe centrale, si pauvre en aeuvres d'art, transformait son indigence en manifestation de puissance ; ces régions, presque entièrement dépourvues d'images, n'étaient pas seulement détentrices de la vraie religion ; grâce au pouvoir du langage et à l'importance de leurs maeurs très strictes, elles allaient jusqu'à reléguer à l'arrière plan les centres culturels qu'étaient Byzance et Rome. (...)La philosophie alors ne se réduisait pas à un décor intellectuel. Elle ne se contentait pas de renforcer la clarté des traités théologiques, elle écartait tout arbitraire d'ordre subjectif et religieux en montrant comment parler et penser « correctement ». Elle ne se contentait pas de façonner une conscience de soi d'une nouvelle société, mais elle soulignait l'infériorité des centres culturels qui avaient fleuri ailleurs ; elle marquait la frontière entre la « superstition » et la « raison ». On pourra faire sans mal le parallèle avec les énoncés coraniques inscrits dans la coupole du Rocher à Jérusalem lors de sa construction par les nouveaux conquérants arabes à la fin du VIIème siècle, dans une ville encore très largement sous influence chrétienne et byzantine : « Dis : Lui, Dieu est Un ! Dieu, l'Impénétrable ! Il n'engendre pas ; Il n'est pas engendré ; nul n'est égal à Lui ! » ; « Ô Gens du livre, ne dépassez pas la mesure dans votre religion ; ne dites sur Dieu que la vérité » ; « C'est Lui qui a envoyé son Prophète avec la Direction et la Religion vraie, en dépit des polythéistes ». Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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