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12 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Pacifisme et violence,
Par
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Introduction à la philosophie politique : Démocratie et révolution (Poche)
R. Aron analyse dans ce cours deux types de prise du pouvoir politique: la démocratie et la révolution. Ces deux types ont en commun le refus de la tradition (l'Ancien Régime).Démocratie (pacifisme) La démocratie est l'organisation de la concurrence pacifique en vue de l'exercice du pouvoir. Sa vertu essentielle est l'esprit de compromis. Son principe est le respect des règles (lois). Son problème crucial est le conflit entre les principes d'égalité et de liberté. La démocratie est intrinsèquement instable à cause de la bataille continuelle entre partis et individus ambitieux, du mécontentement de ceux qui ne participent pas au pouvoir, de la dissociation du pouvoir politique et de la puissance sociale (syndicats) et du fait que, par principe, la démocratie ne se défend pas contre ses ennemis à l'intérieur du pays. Ce régime offre aux citoyens le maximum de protection contre les abus de pouvoir. Révolution (violence) La démocratie populaire est basée sur l'idée marxiste des libertés réelles (sociales et économiques). Pour Marx, la plupart des hommes sont des esclaves de ceux qui détiennent les moyens de production et également du mécanisme qui fixe les prix (le marché). La liberté et l'égalité ne peuvent être réalisées que dans un régime où les moyens de production sont nationalisés et où le marché est remplacé par un plan. Le parti bolchevik russe a apporté deux éléments fondamentaux à l'analyse de Marx : un parti unique et l'idée que l'avènement de la société communiste ne doit pas nécessairement résulter du mûrissement du capitalisme, mais qu'elle peut être installée par une révolution. Le monopole du parti donne aux détenteurs du pouvoir une autorité pratiquement illimitée (p.e. la collectivisation de l'agriculture en URSS). La hiérarchie dans le pays est liée à la fonction, pas à la personne. La solution démocratique est la traduction d'une vision pessimiste de l'humanité (l'imperfection de la nature humaine, la soif du pouvoir qui corrompt), alors que la solution révolutionnaire est basée sur une vision optimiste puisqu'elle prétend pouvoir transformer la société et même la nature humaine. Evaluation Pour R. Aron, le processus démocratique devrait conduire à une société plus égalitaire (à une certaine forme de socialisme). Entre-temps, les régimes communistes se sont effondrés (l'URSS et ses pays satellites) ou se sont transformés en économies de marché (la Chine). Dans les sociétés occidentales, le niveau de vie moyen a fortement augmenté, sauf aux Etats-Unis où les salaires des travailleurs baissent depuis 1971. Un nouveau gouffre s'est créé entre les sociétés développées et le tiers monde. Hautement recommandé aux personnes qui s'intéressent à l'histoire de l'humanité et qui veulent mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons actuellement. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4.0 étoiles sur 5
Platon vs Staline,
Par Lao "Xiao Ren" (la Reunion) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Introduction à la philosophie politique : Démocratie et révolution (Poche)
Plus de vingt ans après la chute de l'Empire soviétique, on reste chaque fois étonné de l'importance considérable que Raymond Aron accorde au régime marxiste dans chacune de ses observations, mais aussi de l'objectivité intellectuelle avec laquelle il s'efforce d'en expliquer les mécanismes. A l'époque où il écrit, la victoire définitive de l'idéologie communiste sur le monde occidental n'est pas vue comme une amusante hypothèse, mais une authentique possibilité qui exige la plus grande rigueur d'analyse.Si Aron ne fait pas mystère de ses préférences pour un régime démocratique à l'anglaise, qui implique un glissement en douceur des pouvoirs et une véritable culture du compromis, il se révèle dans ces cours d'une impartialité qui n'exclut pas la complexité, voire l'ambiguïté, tout à la fois admirateur de Hegel ou du "Capital"... et contempteur des dérives qui y sont en germes ou de leurs (monstrueuses) descendances. La forme même de cette oeuvre courte est d'une réjouissante liberté d'expression (il n'est pas si fréquent que Aron se laisse aller à des traits ironiques dans ses écrits). Ainsi : "Les bolcheviks (sont) les arrières petit-neveux de Jean-Jacques Rousseau, les derniers descendants de l'optimisme révolutionnaire occidental. Et si les Occidentaux, aujourd'hui, ont une peur horrible de leurs descendants, c'est peut-être qu'ils ont perdu l'optimisme et qu'ils n'arrivent pas à croire qu'on puisse être aussi optimistes que l'étaient leurs aïeux il y a un siècle et demi" (p. 213). Les marxistes, rappelle Aron, considèrent que le capitalisme court nécessairement à sa perte et produira la crise qui finira par l'engloutir. En cela, les "bolchevicks" ne font qu'anticiper les choses. Or, pour Aron, l'idée marxiste "selon laquelle au fur et à mesure que les sociétés occidentales capitalistes se développent, il y a une dictature absolue de Wall Street ou de la City est une idée complètement fausse" (p.235). Il est extrêmement rare que l'auteur se montre aussi catégorique. Il se trouve que si, jusqu'en 2009, l'Histoire semblait lui donner plus ou moins raison, l'actualité récente semble bien au contraire valider l'une des hypothèse majeure du marxisme, sans aucune aide extérieure. Curiosité. Aron est un humaniste qui considère que "le problème de la coexistence des hommes ne peut pas résoudre simultanément toutes les revendications de l'esprit humain" (p.241). Fin observateur de ses contemporains, il s'amuse enfin que la France, de plus en plus, aille dans l'ordre politique "vers le régime pour lequel elle a un faible, régime où l'Etat fait énormément de choses mais a le minimum de capacité de décision". Difficile cette fois de lui donner tort. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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