Je cite Guillaume Lecointre :
p 23 : "Pour nombre d'oeucominiques peu portés sur la précision de la pensée. Il voudrait, privilégiant la communicatin", se plier à l'air du temps en affichant une neutralité de façade, en apparence respectuese de l'opinion d'autrui afin de l'attirer dans son camp. Mais ce respect est une farce. La pratique sociale de la "communication" aujourd'hui est antipode de l'étymologie du mot. De la mise en communication, elle devient l'élaboration unidirectionnelle et manipulatrice du consentement."
p 24 :"Fustiger, au nom de la liberté d'expression toute critique comme "dogmatique", c'est montrer qu'on a quitté depuis longtemps le champ du rationnel."
Les anti-matérialistes rejettent le matérialisme car il détruit passivement l'objet de leur pouvoir, la transcendance par le spirituel ou l'idéologie, de sur l'humanité.
Les spiritueux font de l'abstrait ou de l'esprit une force supérieure aux concrets (les faits). Les manipuleux font du concret ou du corps (l'observation/l'expérience) une force supérieure à l'abstrait (théorie). Or, ces deux conceptions sont fausses quand bien même elles partent de phénomènes sociologiques (de vie ou survie) en un lieu et à un moment donnée. Mais, ceux-là se transforment en dogme absolue en tout temps et en tout lieu. Comme le montre Patrick Tort dans
Marx et le problème de l'idéologie, c'est le principe même de toute idéologie et religion. L'innocence de l'origine devient une manipulation entre les mains d'un pouvoir.
Pour résumer :
lorsque A > C => religion
lorsque C > A => idéologie (dont le scientisme ou techno-scientisme)
Tous ceux-là partent de faits réels et sourcés (définis administrativement comme importants) par rapport à d'autres faits réels, sourcés, opposés, non spectaculaires (qui vont être ainsi rejetés administrativement). Cela conduit à un sens de l'histoire tant aimé par les Jean Staune, les antimatérialistes et de nombreux historiens comme Stéphane Courtois. Or cela crée une réalité qui n'est pas représentative et significative de la sphère globale de l'histoire ou de la science. Il y a dans ce cas une négation de la neutralité. En effet, comme telles, ces réalités de l'histoire ou de la science ne sont qu'une réalité parmi tant d'autres dont celles que beaucoup veulent faire « table rase ». Ces réalité ne sont qu'apparence.
Or, « la réalité ne se réduit pas aux apparences, et qu'à s'en tenir aux apparences, à ce qui nous frappe immédiatement et directement on peut se fourvoyer. L'erreur mise en scène dans ce récit est-elle courante ? Selon, Marx, loin d'être une exception, elle est typique dont la plupart des gens appréhendent la réalité dans notre société. S'appuyant sur ce qu'ils voient, entendent et touchent dans leur environnement immédiat - empreintes de toutes sortes -, ils en tirent des conclusions qui sont dans bien des cas l'exact opposé de la vérité » (Bertell Ollman,
La dialectique mise en oeuvre : Le processus d'abstraction dans la méthode de Marx, éd. Syllepse, 2005, p. 24)
Ainsi, « Ce qui s'oppose à la vérité, ce n'est pas une autre vérité, mais l'erreur. » (AZ,
La Maison jaune, tome 2 , L'âge d'homme, 1982). Ce que font exactement les matérialistes et les scientifiques par la méthodologie matérialiste. Auguste Comte, Descarte...etc n'étaient pas matérialistes mais usaient de la méthodologie matérialiste dans leur domaine.
Cependant, « Tout le problème, actuellement, c'est d'avancer une méthode de compréhension, dit le Sot. L'information, les gens en ont à revendre, mais ils sont incapables d'extraire des vérités qui comptent. Ils se contentent de vivre à un niveau superficiel d'observation et de généralisation très primaires. Personne n'est capable d'approfondir son analyse jusqu'aux mécanismes essentiels de ce qui se passe. Cependant, un tel approfondissement obéit à des règles, qui ne sont pas très compliqués. » ( Alexandre Zinoviev,
La Maison jaune, tome 1, éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1982, t. 1, p. 117)
Or, la méthode est le passage de l'abstrait au concret. Elle est utilisé en sciences et dans la philosophie matérialiste. Elle concilie dans la sphère globale de l'histoire toutes les réalités disparates et diverses. Ainsi, par cette méthode, chaque cellules qui sont abstraites (classification) de la sphère globale sont significatives et représentatives de la sphère globale de l'histoire et vice-versa.
Ou, pour être plus clair : « En général, la recherche non-dialectique part d’une petite partie et en établit les connexions en vue de reconstruire le tout plus large. A l’inverse, la recherche dialectique commence par le tout, le système ou autant de celui-ci que l’on comprend à ce stade, pour ensuite examiner la partie afin de voir comment elle s’imbrique et comment elle fonctionne, ceci menant éventuellement à une compréhension du tout plus complète qu’au point de départ. » (Bertell Ollman,
La dialectique mise en oeuvre : Le processus d'abstraction dans la méthode de Marx, Syllepse, p. 15).
Ce problème se pose également dans l'étude de lames minces d'un bassin géologique. L'oubli du tout petit grain de quartz subsistant seulement dans une seule lame mince (mm - cellules) parmi des milliers d'autres lames sans quartz du même bassin conduit à de fausse conclusion sur ce bassin (km - sphère). D'où, l'intérêt de connaître le bassin global. Sinon, on tombe dans la spéculation. Mais, dans le domaine de l'histoire, chez les détracteurs du matérialisme, chez les réductionnistes ou pseudo-matérialistes (Richard Dawkins ou Michel Onfrais), c'est la méthode non-dialectique qui domine en partant de faits en vue de construire une histoire ou de guider vers un sens d'une histoire prédéfinie.
Ainsi, "Les nouvelles connaissances des objets d'étude ne viennent pas de l'observation, ni de l'expérience (comme cela se passe au niveau empirique), mais des jugements logiques dans le cadre d'une théorie donnée ou nouvellement développées (c'est à dire, des groupes spéciaux de concepts et de rapports unis par des règles de la logique)" (Alexandre Zinoviev, in
Problems of the Logic of Scientific Knowledge, 1964)
En science et dans la philosophie matérialiste dialectique, il y a une filiation entre l'abstrait et le concret. Cependant, pour ne pas tomber dans l'idéalisme dont celui d'Hegel, le concret (la sphère globale/le corps) doit être également significative et représentative de chaque cellules abstraites (l'abstrait/l'esprit/la théorie) de la sphère.
Pour résumer :
C -> A : spéculation => anti-science => religion et idéologie
A -> C : idéalisme
A -> C <=> C -> A : philosophie et méthodologie matérialiste <=> science