Revue de presse
Le sixième volume d'Inu Yasha suit et conclu l'histoire entamée au cours du précédent opus. Inu Yasha affronte donc la résurrection de la prêtresse Kikyô qui lui en veut de l'avoir trahi et blessé à mort une cinquantaine d'années auparavant. Si Kikyô souhaite se venger d'Inu Yasha, ce dernier ne souhaite pas faire de mal à sa belle et ne comprend pas pourquoi elle lui en veut. En effet, Inu Yasha n'a pas les mêmes souvenirs que Kikyô sur l'incident de la perle de Shikon. Une mystérieuse personne serait donc entrée en jeu afin de liguer l'homme-chien contre la protectrice de la perle de Shikon.
C'est ainsi qu'on a l'impression qu'un grand méchant commence à se dévoiler dans le manga de Rumiko Takahashi. Durant la lecture du tome, on ne cesse de se questionner à son sujet. Qui est-il ? Pourquoi en vouloir à Inu Yasha et Kikyô ? Est-il à la recherche de la perle de Shikon ? En nous donnant quasiment aucun indice, l'auteure arrive à nous tenir en haleine.
Ensuite, l'histoire s'enchaîne sur un récit autour de la perle de Shikon. Mais contrairement aux histoires courtes des précédents tomes, celle-ci a le mérite de faire avancer la trame principale du manga. Inu Yasha et Kagome se sont fait voler les fragments de la perle ainsi que leurs affaires par un personnage bien intriguant. Il s'agit de Miroku, un bonze voleur, arnaqueur, manipulateur et aussi coureur de jupon. Il ne semble pas consacrer beaucoup d'importance aux personnes autres que lui. Nos héros vont donc affronter, pour la première fois, un humain afin de récupérer leurs affaires. En plus de faire avancer la trame principale, cette histoire est très plaisante à lire. Ce qui fait la force du récit, c'est que la relation entre Inu Yasha et Kagome est mise à mal par le dragueur invétéré qu'est Miroku. Ainsi, entre les hordes de créatures folkloriques, on retrouve des passages plus légers qui font sourire. Entre le retour de Kikyô en début de tome et l'arrivée de Miroku, on peut dire que la relation entre les deux protagonistes progresse dans le présent volume.
En définitive, on tient là un très bon volume d'Inu Yasha. La trame principale du manga de Rumiko Takahashi progresse enfin. Mais l'auteure ne met pas pour autant de côté l'humour et la romance. Espérons que Rumiko Takahashi réussisse à bien enchaîner par la suite et qu'elle ne retombe pas dans des histoires courtes dispensables.
jojo81
(Critique de www.manga-news.com )
Biographie de l'auteur
Elle a suivi des études à l’université de Tôkyô, en vivant dans un petit appartement d'étudiant, une expérience qui lui servira pour réaliser Maison Ikkoku.
Dans la même période, et sans connaissance préalable, elle s'inscrivit aux cours de scénario et dessin de Kazuo Koike (Ce grand scénariste, auteur avec Kojima de Lone wolf and cub et avec Ikegami de Crying freeman, a fondé cette célèbre école d’où sont sortis bon nombre d’auteurs de talent). Elle va suivre pendant 2 ans les cours et les conseils personnels et avisés de Kazuo Koike.
C’est avec des bases solides et la certitude que de bons personnages font de bonnes histoires qu’en 1978 elle décroche le premier prix des « jeunes artistes » de Shogakukan. La même année, Urusei Yatsura est publié dans le Shonen Sunday. Le succès de cette série n’est pas immédiat mais il devient évident qu’elle ne peut que percer professionnellement par son graphisme, son originalité et sa persévérance. Seuls ses parents ne semblent pas de cet avis et Rumiko doute beaucoup à cette époque de vaches maigres.
Une fois sur les bons rails le succès d’Urusei Yatsura ne va pas se démentir pendant les 9 années suivantes et va modifier radicalement le train de vie de Rumiko. Ce succès sera renforcé par la transposition en animé du manga dès 1981. A son apogée, le fan club d’Urusei Yatsura comptait 250 000 membres. Maison Ikkoku connu le même succès au Japon et chez nous (plus tardivement aux USA). La reconnaissance internationale vient avec sa série suivante, Ranma ½.
La série Ranma ½ introduite chez nous par le dessin animé ouvre à l’auteure le marché américain et puis européen des rayons BD. Signe de sa renommée, ses séries se rallongent (34 tomes pour Urusei yatsura, 38 pour Ranma ½, 58 pour Inu Yasha, et on ne sait pas encore où s’arrêtera Rinne, sa nouvelle série).
Elle daigne à peine prendre des assistants (elle en a eu malgré tout jusqu'à 4 au sommet de sa production dans les années 90) ce qui est fort rare et, de la même façon que Tezuka, elle se dit «mariée avec les mangas et incapable de penser à autre chose.»
Elle continue à ce jour à produire une quantité considérable de pages et à s’angoisser jusqu’à la nausée quand l’inspiration vient à manquer.
Gardant en mémoire les acquis de l’enseignement de Koike, Rumiko Takahashi cherche des noms à double ou triple sens et construit énormément la psychologie des personnages. Le nom est important parce qu’il définit en partie ce personnage. Pour elle, une histoire avec un point de départ difficile à résumer n’est pas bonne, par contre l’abondance de personnages et leurs interactions contribuent à complexifier la série suffisamment pour la rendre captivante sur la longueur.
Très connue pour ses comédies romantiques, Rumiko est également l'auteure de quelques histoire d'horreur avec la saga des Mermaid. La structure est celle d’un thriller fantastique dont la violence est clairement montrée. Takahashi voit dans ces récits une sorte de catharsis, une façon de libérer le coté sombre de sa personnalité enjouée. Elle s’est aussi mise plusieurs fois en scène dans des histoires courtes (Kemo*kobiru no nikki) parues dans le Shonen Sunday dans les années 80 et des bonus de ses recueils, non pour se plaindre du rythme de travail et des éditeurs mais pour raconter de façon cocasse quelques épisodes de son quotidien.