C'est une histoire qui ressemble à un conte de fée musical. Nili et Ben se rencontrent à Paris. Ils composent ensemble, l'alchimie qui règne immédiatement entre eux sert d'étincelle et donne onze chansons comme autant d'histoires distinctes et ambigües. Ils réalisent d'impressionnants grands écarts entre les compositions intimistes d'une Fiona Apple et les synthés à la Daft Punk, entre l'intensité sans âge d'un Bob Dylan et l'écriture décomplexée et électro-pop de MGMT. Tels des contes pour adultes, Invincible Friends ressemble à un monde de faux-semblants où la pop la plus légère sert de paravent pudique à des propos plus graves. Le buzz sur internet prévient : ce groupe, inclassable et surprenant, sera la révélation POP de l'année 2010.
Le succès de cet album tient sans doute autant à la voix entêtante de Nili Hadida qu'à un son electro-pop tendance, sans oublier ces rythmiques eighties qui se camouflent dans le fond, là où seule une oreille attentive peut les débusquer, comme sur le subtilement Popcornien My best, qu'il est impossible d'ignorer tant il éclabousse d'énergie positive. Mais dans la nuée des groupes electro-pop qui envahissent le paysage musical, Lilly Wood & The Prick semble se démarquer par la volonté manifeste d'explorer d'autres territoires. C'est ainsi que l'une des perles de l'album est une balade tranquille à la musique dépouillée, où Nili se met vocalement à nu : il est tout simplement impossible de rester insensible devant le charme de ce Prayer in C. Tout comme la mélodie chaloupée de Little Johnny, ses longues plages vibrantes de synthé et ses chœurs typiquement gospel est une belle réussite, toute en délicatesse et en puissance maîtrisée. Un album INCONTOURNABLE.....