Ce tome contient les épisodes 1 à 14 de la série réinitialisée en juillet 2008. Il constitue un bon point d'entrée pour découvrir le personnage ; il est possible de lire
Extremis pour connaître la version modernisée de ses origines.
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Première partie (épisodes 1 à 7) - Quelque part en Tanzanie, une jeune femme a réussi à s'offrir un téléphone de la marque Stark Industries et quelques minutes de communication. C'est le jour que choisissent 3 jeunes gens pour se faire exploser au milieu de la foule à l'aide d'un engin qui ressemble à un rayon répulsif tel qu'il existe sur la face avant de l'armure d'Iron Man. Ce dernier est dans l'espace en train de consolider la protection d'une station spatiale. De retour sur terre il s'apprête à passer une nuit torride avec un sosie de Paris Hilton quand Maria Hill (responsable des opérations du SHIELD) l'appelle pour une alerte urgente. En parallèle Ezekiel Stane (le fils d'Obadiah Stane) élimine un groupe d'actionnaires grâce à ses pouvoirs. Il a décidé de mettre fin à Tony Stark et à son empire industriel.
Ce récit se déroule donc après
Civil War, alors que Tony Stark est toujours responsable de la sécurité intérieure des États-Unis et chef du SHIELD. L'obligation de recensement des superhéros est toujours en vigueur, le Dark Reign de Norman Osborn n'est pas encore d'actualité.
À l'occasion du succès de
Iron Man, Matt Fraction se voit confier la responsabilité de lancer une nouvelle série rendant honneur à Tony Stark. La tâche est intimidante puisqu'il doit à la fois capturer l'esprit du film et satisfaire les fans accros à la continuité des comics. N'ayant pas vu le film, je ne peux pas me prononcer sur le premier objectif. Pour le deuxième, Fraction évoque de ci, de là les histoires les plus marquantes d'Iron Man telles que
La Guerre des armures,
Le diable en bouteille et "Iron Monger". Donc le compte y est. Il glisse également quelques touches légères (apparitions rapides, ou allusions) à plusieurs éléments de l'univers partagé Marvel (MODOG la nouvelle incarnation de MODOK, Melter, Danny Rand, Ben Ulrich, et même une enquête menée en tandem avec Spiderman).
Pour relancer cette série, Fraction reprend à la lettre le cadre posé par Warren Ellis dans "Extremis" : Tony Stark est un individu tourné vers le futur qui a la conviction que le progrès scientifique va de paire avec l'amélioration du sort de l'humanité. Tony Stark est un homme d'affaires qui cumule un poste de directeur du SHIELD, mais avant tout c'est un visionnaire avec un besoin viscéral de faire le bien (il parle par exemple d'éradiquer le virus du SIDA) et qui a abandonné la fabrication des armes, au profit de technologies futuristes qui embrassent le développement durable. Il dispose également d'une arme à nulle autre pareille : la technologie Iron Man. Fraction prend soin de ne pas négliger non plus son aspect playboy et il met face à Stark 2 femmes au fort caractère : Virginia "Pepper" Potts et Maria Hill. Matt Fraction sait également intégrer quelques touches humoristiques bien tournées telles qu'un teeshirt proclamant "Tony was right" (allusion sans pitié à la mort de Captain America) ou le retour du collectionneur de costumes de supercriminels (déjà croisé dans
New Avengers 2).
Le principe du futurisme est repris également pour les illustrations. Salvador Larroca achève la mutation de son style commencée avec
NéoUniversel. Il se limite volontairement à délimiter d'un trait fin le contour des silhouettes, à dessiner les traits des visages également à l'aide de traits fins peu nombreux (voire limités au strict minimum), et à faire peser le gros des décors sur la mise en couleurs directe (sans contours délimités au crayon ou à l'encre). Heureusement pour lui, il bénéficie de l'apport décisif de Frank d'Armata, un metteur en couleurs exceptionnel, aidé ici par Stéphane Peru. Le résultat dépare des illustrations d'un comics lambda dans la mesure où l'outil infographique participe pour une part essentielle et parfois même majeure à la réalisation des illustrations. Il ne s'agit pas simplement d'intégrer des références photographiques retouchées, il s'agit vraiment de dessiner directement les décors, les textures et les effets spéciaux des combats avec l'ordinateur, sans gommer l'aspect nouvelle technologie du rendu. Dans la plupart des pages, le résultat est époustouflant et il plonge le lecteur dans les visions virtuelles dont dispose Tony Stark avec Iron Man. Pour ce qui est des textures de l'armure, j'ai trouvé que le résultat n'est pas aussi impressionnant que celui d'Andi Granov dans "Extremis". Il y a également quelques visages trop simplistes que l'infographie n'arrive pas à rendre crédibles, et quelques pages sans décors, uniquement avec des effets de camaïeux qui font vraiment vides. Mais 80% des pages atteignent l'objectif de transporter le lecteur dans un monde où l'informatique, le virtuel et les réseaux internet sont partout.
Cette histoire constitue un bon nouveau départ pour Iron Man, avec de nombreuses idées et un ton propre innovant, tant pour le scénario que pour les dessins. Il reste quelques faiblesses telles que des illustrations parfois creuses sans assez de substances, et un scénario qui a tendance à utiliser des ficelles un peu usées (la peur de perte de contrôle de la technologie d'Iron Man, la peur de la boisson alcoolisée, l'armure contrôlée à distance, etc.) avec quelques ambitions irréalistes (faire en sorte que Stark Industries réussisse à guérir le SIDA).
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Deuxième partie (épisodes 8 à 14) - L'action se situe après
Secret Invasion. Tony Stark a démérité aux yeux de la population américaine et il a été déchu de ses fonctions de directeur du SHIELD. Norman Osborn a pris sa place et a rebaptisé cette force armée HAMMER. C'est une période que Marvel Comics avait qualifiée de Dark Reign.
L'histoire commence avec Maria Hill quittant définitivement son bureau du SHIELD ; elle était le bras droit de Tony Stark sous l'ancienne administration. Pendant ce temps, Stark dans son armure d'Iron Man tente d'aider au déblaiement des dégâts occasionnés pendant l'invasion, mais il a perdu sa technologie Extremis. Il ne contrôle plus son armure faute de cette technologie.
Mais Stark a 2 plus gros problèmes : le premier est qu'il doit faire disparaître la base de données dans laquelle figure toutes les identités secrètes des superhéros qui avaient accepté le recensement imposé à l'issue de "Civil War" pour éviter qu'elle ne tombe aux mains d'Osborn. Le deuxième est qu'Osborn a décrété que Stark est recherché pour mise en examen et suspicion d'avoir tenté de négocier avec les envahisseurs pour un résultat catastrophique.
Heureusement, Stark a tout prévu, à commencer par comment détruire cette base de données qui est stockée dans un endroit délicat, jusqu'à comment échapper à Osborn. Mais le prix à payer est astronomique. Je vous laisse découvrir ce dont il s'agit car Matt Fraction a imaginé un ressort dramatique formidable.
Dans la première histoire, Matt Fraction s'attachait plutôt à apporter la preuve de sa connaissance du personnage et de ses principales caractéristiques et aventures. Ici, dès la première page, le lecteur est emmené dans un thriller palpitant du début à la fin. Matt Fraction s'attache essentiellement à Tony Stark (Iron Man), Maria Hill (ex-numéro 2 du SHIELD) et Pepper Potts (secrétaire particulière dans le civil, et aux commandes de l'armure Rescue chez les superhéros). Stark est devenu l'ennemi public numéro 1, mais il a plus d'un tour dans son sac. Matt Fraction a trouvé un moyen de le fragiliser qui provoque une empathie immédiate pour cet homme que l'on a envie d'aider.
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