Si vous avez aimé les grands Wilder, comme "Boulevard du crépuscule", "Certains l'aiment chaud", "Sept ans de réflexion", "Embrasse-moi idiot", "Avanti!", alors vous allez sans doute être déçu par "Irma la douce", comédie trop longue, aux rebondissements trop tirés par les cheveux, au scénario creux et lourdaud, au jeu trop appuyé de Lemmon qui en fait des tonnes, et aux gags téléphonés, parfois très plats, voire ratés... Cela dit, il y a tout de même le Paris de studio magnifique de Trauner (c'est le vrai plaisir du film), le minois toujours craquant de Shirley McLaine, un second rôle original d'un patron de bistrot (Moustache) qui a tout fait, bien joué par Lou Jacobi, des couleurs superbes, et quelques gags amusants...
On est loin de "La garçonnière", du même Billy Wilder, comédie en noir et blanc douce-amère réussie, émouvante, au ton juste, et au scénario bien plus consistant, faite avec le même duo 3 ans plus tôt (1960)...
Bref, c'est regardable, mais ça n'est pas une bonne comédie, et si ça n'était pas signé Wilder, l'histoire du cinéma ne s'en souviendrait guère...