Franquin était un génie dans sa spécialité. Ou un génie tout simplement, il suffit de comparer ses croquis à ceux de peintres encensés par la critique.
Franquin contre Matisse... Je parie sur Franquin !
Ceux qui l'entouraient, sans doute par osmose, en prenaient une petite part eux aussi.
Quand Will a débuté, Franquin était déjà un grand, je suppose qu'il n'est pas sorti intact de cette fréquentation.
Isabelle est le produit de cette collaboration. Il ne manquait, dans la bande, que Jidehem, le Jean Demaesmaker des Spirou auto et des décors de Gaston.
Quand on lit un Isabelle, on est dans leur univers. Un univers où les méchants ne le sont peut-être que par bêtise.
Où les mages du tsar font voler des arpents de terre, où les loup garou et les fantômes peuvent être de bonne compagnie, et où, surtout, la brave tante Ursule, régnant dans sa cuisine, ne voit jamais rien d'anormal.
Isabelle n'a pas eu le succès d'autres bandes dessinées bien moins poétiques et moins drôles.
C'est dommage c'était sans doute une de leurs oeuvres les plus abouties.