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6 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un passionnant et remarquable livre d'Histoire et de géopolitique,
Par Johan Rivalland (LEVALLOIS-PERRET France) - Voir tous mes commentaires (TOP 50 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Israël peut-il survivre ? : La nouvelle règle du jeu (Broché)
Je l'ai attendu longtemps, ce livre. Il m'a fallu patienter quatre mois avant de le recevoir, après l'avoir commandé pourtant à sa sortie. Mais cela en valait la peine, tant cet essai est brillant.Partant de la situation unique de l'Etat d'Israël, qui a fait d'un désert une terre de richesse incroyable, et remontant aux origines du fondement controversé de cet Etat démocratique (le seul de la région), dont on suit l'évolution des populations installées sur plusieurs siècles, on comprend mieux les sources du conflit, les attitudes des uns et des autres, face à des intérêts qui dépassent souvent ses protagonistes. L'Histoire, la géopolitique, le droit des nations, l'attitude hostile des Arabes et les affrontements entre Arabes palestiniens, ayant parfois abouti à faire échouer des accords qui auraient pourtant été dans le sens de leurs intérêts, autant de facteurs complexes et entremêlés qui ont abouti à faire de cette région une véritable poudrière et d'Israël un Etat en perpétuel sursis. D'où la question : "Israël peut-il survivre ?" L'hostilité est telle et les menaces si extrêmes que l'on peut en douter. Et pourtant, les sources d'espoir existent. On apprend notamment, grâce à la lecture de cet ouvrage, qu'il existe, au-delà de trois autres courants davantage connus, un parti de la paix au sein de la société palestinienne : "Réprouvé par les trois autres, harcelé, vilipendé, décimé par des assassinats, ignoré par les médias et les politologues, il n'a pourtant jamais disparu et pourrait, un jour, jouer un rôle capital". Plus loin, Michel Gurfinkiel nous révèle "l'incroyable hypothèse", émise dès le début du XXème siècle par Ben Gourion et Yitzhak Ben-Zvi et qui semble aujourd'hui corroborée scientifiquement par la biologie moléculaire, selon laquelle les Fellahin et peut-être même une partie des Bédouins, seraient les descendants de paysans juifs de l'époque du Deuxième Temple, contraints de se convertir au christianisme puis à l'Islam. Ainsi en irait-il peut-être aussi des Kurdes musulmans de nord de l'Irak, et même de deux tiers des Arabes israéliens et Arabes vivant dans les territoires palestiniens. Fou, non ? Grâce à cet ouvrage, c'est aussi tout le Moyen-Orient que l'on apprend à mieux connaître, à travers de nombreux éléments historiques sur les pays qui le composent. Sans oublier la complexité des rapports entre populations arabes, et notamment entre populations arabes palestiniennes elles-mêmes, très divisées. Sont ainsi abordés de manière absolument passionnante et enrichissante les affrontements entre Husseinis et Nashashibis, nationalistes contre Parti de la Paix, confréries inféodées au Grand Mufti contre Qassamiya, sans oublier le jeu longtemps trouble, voire dangereux, parfois même violent, des Britanniques et, dans une moindre mesure, de la France. Cet ouvrage permet également de mieux comprendre à la fois les raisons pour lesquelles les pays arabes ont sciemment rejeté les réfugiés palestiniens, le rôle qu'ont joué des organismes internationaux tels l'UNRWA dans ce pays, ainsi que la nature des procès intentés par ses ennemis à Israël. Il est, en outre, l'occasion de mieux percevoir les spécificités et la complexité du monde musulman, à travers le concept d'ochlocratie, mais aussi la lecture de certains passages du Coran. On reste stupéfait devant le nombre incroyable de dirigeants musulmans de l'époque contemporaine assassinés, quand il ne s'agit pas d'épurations de masse, à travers de multiples révolutions qui ont causé des millions de morts, à l'instar des révolutions communistes et fascistes. Pour comprendre les difficultés israéliennes, il faut aussi voir du côté des instances internationales, de l'ONU en particulier, mais même de l'Amérique, partagée entre deux alliances, dont l'une réside dans la stratégie de montée en puissance phénoménale du lobby saoudien, relatée de manière très instructive. Le poids de l'Histoire, de celle des pays arabes et musulmans en passant par celle des autres puissances de chaque continent, marque la complexité d'une géopolitique à la fois évolutive et fondamentale. Mais le mérite de cet ouvrage est de ne jamais sombrer dans le parti pris ou la facilité. L'analyse est fine, aiguisée, basée sur une grande connaissance de son sujet par son auteur. Ainsi, concernant les Etats-Unis, par exemple, dont on a coutume de considérer qu'ils sont l'allié objectif d'Israël, on s'aperçoit à la lecture de ce livre que les choses sont loin d'être aussi simples. Au sein d'une même Administration, les oppositions peuvent être très vives et les lobbys extrêmement actifs. Le jeu très subtil d'un James Baker, par exemple, allié à un Georges H.W. Bush (père) dont il guide de manière très active l'orientation pro-arabe (intérêts dans les hydrocarbures oblige), voire anti-israélienne à certains moments, n'est pas le même que celui d'un George W. Bush (fils), qui traite plutôt J. Baker avec déférence et poursuit une politique tout à fait opposée. Mais, dans les deux cas, les personnalités s'opposent assez fermement et insidieusement au sein de chacune de ces Administrations. Et qu'en est-il d'un Barack Obama, dont Michel Gurfinkiel révèle qu'il est le plus pro-arabe et pro-palestinien de tous les présidents américains, jusqu'à jouer un jeu très insidieux (suivant notamment en cela les conseils de son mentor Zbigniew Brzezinski, personnage assez trouble) à l'égard d'Israël, dont je vous laisse lire à la fois le détail et les explications profondes, souvent très étonnantes, et que je ne soupçonnais même pas ? Si on y ajoute le rôle des lobbys juifs anti-israéliens, le jeu de l'extrême-gauche, les tentatives de manipulation à l'encontre du général David Petraeus, les alliances communistes et tiers-mondistes jusqu'en Amérique du Sud (Cuba, le Vénézuela, etc.), les manipulations par des blogs, l'hostilité des instances internationales (l'ONU avait même fait voter en 1975 une résolution assimilant sionisme et racisme, avant de l'abroger en 1991 suite à l'effondrement du Mur de Berlin et la fin de la guerre froide) ou encore les ultimes menaces iraniennes (non des moindres), avec en toile de fond une série de guerres de plus en plus insidieuses et dangereuses (la puissance iranienne maîtrise désormais de façon absolument remarquable et prodigieuse non seulement les armements les plus sophistiqués, mais aussi l'informatique et la haute technologie, avec la capacité à mener des cyberattaques efficaces et bien ciblées, paralysant les technologies de pointe israéliennes), on obtient un cocktail explosif. En conclusion, et face aux violations répétées d'accords et d'engagements bilatéraux ou internationaux de la part des instances palestiniennes, qui auraient pu depuis longtemps aboutir à une situation de paix et à l'émergence d'un véritable Etat palestinien, Michel Gurfinkiel pose notamment la question suivante : "Pourquoi veut-on assassiner Israël ?" Il y répond en affirmant que "ce n'est pas le "problème palestinien" qui est en cause mais un "problème israélien" : le refus métaphysique d'un Etat juif, et au-delà, de tout judaïsme", ce qu'il démontre tout au long de l'ouvrage. A la politique de la main tendue et les divers plans de partage proposés à de multiples reprises par les israéliens, répond une idéologie marquée, fondée sur la théologie et l'oclochratie, responsable d'une hostilité de fait et s'inspirant de la "ruse d'Udaïbiya" du temps de Mahomet pour contribuer à décrédibiliser l'Etat israélien. Pour autant, Michel Gurfinkiel refuse de sombrer dans le pessimisme et semble penser que, malgré la forte montée des extrémismes à la fin des années 2000, les sources d'espoir existent, qu'une culture nouvelle se renforce dans le monde arabe et islamique, "tournée vers l'information objective, réfractaire aux automatismes et aux "lignes du parti", encline à aborder sans a priori les questions relatives à Israël et aux Juifs". Avec à sa tête une Arabie saoudite de plus en plus libérale et une chaîne de télévision, Al Jazeerah, illustrative de cette ouverture. Et, notons-le, cet essai est paru avant même le "Printemps arabe" (dont on ne mesure pas encore très bien sur quelle situation il va déboucher, même s'il est source d'espoir). Ce relatif optimisme n'y est donc pas directement lié. Au total, un passionnant et remarquable livre d'Histoire et de géopolitique pour ceux qui, comme c'est mon cas, connaissent mal l'Histoire de la Palestine et le jeu complexe de toutes les parties en présence dans la situation des XXème et XXIème siècles. Très instructif. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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