Il allie les souvenirs autobiographiques de l'auteur et l'histoire de cette ville, la petite et la grande histoire qui s'entremêlent inextricablement.La dimension picturale avec des photos de la ville et de la vie de Pamuk accroît l'intérêt du texte. Il donne envie d'en savoir plus sur la grandeur et surtout la décadence, vécue par l'auteur et les habitants du XX ème siècle, de l'empire ottoman. La tristesse exhalée par les murs de la ville et chantée par Pamuk comme un sentiment très personnel, combattue par l'aspiration à l'occidentalisation des familles riches, comme signe de "distinction", le refus de l'orientalisme des écrivains français (T. Gauthier, G de Nerval et Flaubert), la crainte de la religion, voici quelques thèmes qui parcourent ce livre remarquable. On aimerait avoir le point de vue des Stambouliotes actuels sur ce livre car l'auteur a un point de vue très personnel, intimiste même, et pas politiquement correct ; il fait oeuvre de poète, pas d'homme politique et nous nous en réjouissons.