A chaque sortie d'une nouvelle production de Laibach il en est qui les attendent au tournant pour les accuser de plagiarisme, de pale copie, de propagandisme douteux, et il est sûr que ce nouvel album va redéclencher ces polémiques stériles qui n'ont d'autres buts que d'épaissir les articulets de plumitifs en manque d'aspiration. Laibach une nouvelle fois se livre à son oeuvre alchimique traditionnelle pour transformer du plomb vil en or pur, pour faire de productions musicales quelconques un hymne lyrique de joie créatrice. "Jesus Christ Superstar" est un ensemble de neuf titres où nous retrouvons toute la force tellurique de Laibach, cette fois dédiée aux louanges d'un dieu qui en dépit du titre ne semble pas être celui de l'abbé Pierre ou de mère Thérésa. Semblant ne retenir du message christique que le contenu apocryphique et apocalyptique chaque morceau semble annoncer la toute puissance destructrice du Seigneur ("God is God") et la fin prochaine d'une humanité avilie ("Kingdom of God"), le tout sur une musique typiquement Laibach avec quelques riffs métalliques semblant évoquer parfois KMFDM (autre groupe très inspiré par la religion). Pour ceux qui s'inquiéteraient d'une éventuelle reconversion subite de nos fiers slovènes je les rassure en leur disant de prêter attention au morceau intitulé "Message from the Dark Star", tout pénétré de sagesse luciférienne et de dogme cathare. Les autres morceaux, dont une reprise de Prince, sont du même accabit et savent une fois de plus nous exalter et réveiller en nous des instincts primitifs refoulés par le monde moderne, règne du consensus et du médiocre. Ceux qui ont aimé "Nova Akropola", "Opus Dei" et "Let it be" retrouveront ici toute la fougue et toute la grandeur de Laibach. Du beau et bon Laibach. Mettez-vous en paix avec votre dieu...