Un excellent film de Clint Eastwood, dont le talent se bonifie avec le temps. Il retrace la vie de J.Edgar Hoover, qui organisa , renomma et dora le blason de la police scientifique , le FBI, et qu'il dirigea d'une main de fer durant 48 ans. Tenace, ambitieux, paranoïaque, obsédé, il s'octroyait le droit de faire des écarts à la loi, dans le but d'assurer la sécurité de l'état. Il en voyait des menaces partout. Il manipulait les grands de la société américaine, y compris les présidents, pour arriver à ses fins. Ses échecs étaient rares, mais il y en a eu, comme ce fut le cas de Martin Luther King. Donner des armes à ses collaborateurs, écoutes téléphoniques, quelques uns de ses agissements savamment dosés par le maître du septième art, un portrait tout en finesse et pudeur que sa relation avec sa mère rend un peu plus humain. Un défi pour les acteurs que l'on voit vieillir tout au long de 48 ans, par la magie du maquillage.
On évoque certains évènements du 20ème siècle, comme la disparition du bébé Lindberg, et même si certains aspects de sa personnalité sont absents, d'autres, très marquants sont abordés avec retenue et discrétion, donnant du personnage les facettes les plus importantes.
Un très beau casting dessert l'histoire, Naomi Watts, en Mlle Gandi , la secrétaire fidèle, Tolson personnifié par le très jeune Armie Hammer, qui fut son amour impossible et son bras droit, son ombre en quelque sorte, et Judie Dench interprète la mère. Leonard di Caprio nous livre une interprétation d'anthologie, criant de vérité dans un rôle à sa mesure. En anglais , avec sa voix, il est magistral, car les doublages ne le restituent pas toujours avec fidélité.
Un film remarquable sur ce personnage polémique et vicieux, présenté avec justesse et sans parti pris par le génial Clint Eastwood, à l'aube de sa quatre-vingtième année.