Ces trois concertos pour violoncelle et orchestre, très rythmés et d'un grand sens mélodique, ont été composés par Franz Joseph Haydn (1732-1809), principal musicien de l'époque classique (avec Mozart), et par Georg Matthias Monn (1717-1750), peu connu, mort trop jeune, mais qui assura - avec d'autres - la transition du baroque au classique. Tout ceci dans un cadre viennois. Les deux concertos de Haydn, qui représentent les plus aboutis du classicisme, sont célèbres. On les appréciera ici d'autant plus que l'interprétation donnée par le soliste en est excellente. Avec d'abord la maîtrise et la virtuosité du violoncelliste français Jean-Guihen Queyras, dès le premier mouvement "Moderato" du "Concerto pour violoncelle et orchestre n° 1" (plage 1). Avec aussi la grande tendresse dont il sait faire preuve dans les mouvements lents - "Adagio(s)" - des deux concertos en question (plages 2 et 5). Quant au "Concerto pour violoncelle, cordes et clavecin" de Monn, il supporte quasiment la comparaison - sur le triple plan de la construction, de l'intérêt mélodique, et de l'interprétation - avec les deux œuvres précédentes du grand Haydn. Ceci d'autant plus que l'ensemble instrumental qui accompagne le violoncelliste - les Freiburger Barockorchester -, dirigé par la violoniste allemande Petra Müllejans (qui a co-fondé ce groupement musical sur instruments d'époque), se situe à un très haut niveau interprétatif, lui aussi.