Avec ce troisième volume s'achève la série des cantates sacrées d'avant la période de Leipzig. Il présente les mêmes qualités (choeur et orchestre de haut niveau, très bonne prise de son, bien qu'un peu lointaine) et les mêmes défauts (effectifs importants, inégalité des solistes, notamment dans ce volume) que les deux précédents
On appréciera qu'ici, sauf dans la BWV 54, Koopman ait choisi la mezzo Elisabeth von Magnus plutôt qu'un contreténor, et on relèvera sa réussite dans la très belle BWV 161 Viens, douce heure de la mort, où le ténor Paul Agnew est également très satisfaisant dans l'air célèbre Mein Verlangen. Même réussite des deux solistes dans la BWV 22 Jésus prit avec lui les douze.
Le résultat est plus mitigé dans les BWV 162 et 63, où les soprani Barbara Schlick et Ruth Holton proposent les mêmes aigus glaciaux, et dans la belle BWV 54 Résiste donc au péché, où le contreténor Andreas Schloll, malgré des vocalises impeccables, a un timbre flûté rappelant celui du René Jacobs de jadis, et qui ne séduira pas tout le monde, et où Koopman, comme trop souvent dans cette intégrale, a une direction trop lisse, gommant les dissonances des cordes dans le premier air.
Mais le point le plus faible de ce volume est le recours, dans les cantates BWV 155, 163 et 165, à des soprani de second rang comme Caroline Stam et Els Bongers, qui ne sont pas tout-à-fait à la hauteur.
Pour la cantate BWV 23, on préférera la version récente de Kuijken chez Accent
Cantate Bwv18 - Cantate Bwv23 - Cantate Bwv1. Quant à la lourde cantate profane de "La chasse" BWV 208, on a le droit de penser qu'elle n'est pas du plus haut intérêt.