Ce septième volume poursuit la présentation des cantates du premier cycle de Leipzig (1723). Les textes tournent autour du dégoût de soi et du monde, de l'impatience de l'heure de la mort, du jugement dernier, de la probité et de la profession de foi du chrétien : rien donc que de très austère, et pourtant Ton Koopman persiste à diriger avec l'élégance compassée, voire l'insouciance distante dans lesquelles il s'est installé pour cette intégrale.
Chez les solistes, le remplacement progressif de la mezzo Elisabeth von Magnus par la solide contralto Bogna Bartosz est plutôt un progrès, de même que celui du ténor Paul Agnew par Gerd Türk, plus au fait de la langue germanique, et au legato plus stable. En revanche, le retour de la soprano Lisa Larsson est regrettable : sans doute Koopman trouve-t-il à sa voix rèche et droite une ressemblance avec celle des jeunes garçons ; toujours est-il que ses aigus perçants sortent fâcheusement de la pâte sonore, par exemple lorsque Koopman fait chanter - et en théorie il a raison - le dernier choeur de la cantate BWV 181 par le trio de solistes.
Le premier des trois disques est le meilleur, avec la belle déploration du choeur d'entrée de la BWV 25, l'air de ténor de la BWV 95 aux hautbois lancinants et ondulants par dessus le glas en pizzicati des cordes, et les airs allègres d'alto et de ténor de la BWV 24. Toutefois, on préférera les versions Kuijken, autrement intenses, dans sa série en cours chez Accent, pour les cantates BWV 67
Cantates (Intégrale /Vol.11) et BWV 144
Cantates (Intégrale /Vol.8).
Dans le deuxième disque, on notera le beau récitatif accompagné de ténor qui introduit la BWV 184, et les deux superbes choeurs de la BWV 105 : l'initial en forme de prélude et fugue, et le final avec les chromatismes descendants de l'orchestre illustrant l'apaisement du fidèle.
Le troisième disque est plus terne, bien qu'il contienne la longue, brillante et festive BWV 147, avec ses deux strophes du trop célèbre choral Jesus meine Seelen. La cantate BWV 173, quant à elle, trahit par sa légèreté assez frivole son origine profane (parodie d'une sérénade d'anniversaire).