Dans son très beau texte de pochette, Blandine Rannou explique clairement ses intentions : restituer la danse, le chant et le discours contenu dans chacune de ces suites ; danser, chanter, parler ; " porter à la fois le corps, le cœur et l’esprit vers les plus hautes dimensions ". Or, avec la simplicité et l’humilité qu’elle revendique, Blandine Rannou atteint sans aucun doute son but : son jeu, retenu, très intériorisé, dans des tempi modérés mais vivants, émeut, touche, au plus haut point. Entre la rigueur d’un Leonhardt ou d’un Hantaï, qui devient parfois raideur et la liberté d’une Verlet, qui devient parfois fantaisie, Blandine Rannou trouve dans Bach une voie absolument personnelle faite d’ordre et de douceur, de tenu et de chaleur. Enfin, son instrument, un clavecin construit par Anthony Sidey et Frédéric Bal, est splendide, (clair, dense, pas " métallique "), de même que la prise de son (précise, aérée, chaude).