C'était un peu le rêve, le fantasme que d'imaginer un jour, on aurait eu droit à un coffret (coffre au trésor), regroupant l'intégralité Jacques Demy.
Lorsque l'on vient d'acquérir l'objet, on évalue son poids, sa taille, on scrute chaque côté de la boite, ses couleurs pastels; les photos... Posséder enfin cette intégrale, c'est comme si vous aviez un accès direct à une pâtisserie la nuit.
Ce qui rend l'achat et l'adoration de Demy plus pervers encore, c'est de voir, d'entendre tous les détracteurs qui ne supporte pas ses films, ses chants, la musique de Michel Legrand.
Passé l'aspect léger et virevoltant des comédies musicales, il reste surtout cette gravité, cette certaine mélancolie, cette amertume qui donne aux film de Demy toutes leurs saveurs.
Les personnages de Demy, ces marins, ces femmes, ces hommes qui veulent partir, qui vont ailleurs, qui ne veulent jamais resté, c'est un peu nous.
Bien sur le principal intérêt de cette malle remplie de souvenirs qui sont en nous déjà, qui l'ont toujours été, ce n'est pas juste les trois films les plus connus de Jacques Demy mais surtout ces courts métrages, et des raretés, des films passé presque inaperçu à l'époque comme Model Shop, une sorte de suite à Lola...
Malgré l'engouement sans borne, il faut avouer que dans les années 80, Jacques Demy perd de sa prestance avec des films beaucoup moins bons.
... Mais peau d'âne avec Delphine Sérigue, Lola avec Anouck Aimé, La Baie des Anges avec Jeanne Morreau... D'Orléac, Deneuve, Darrieux... Tous ces noms, toutes ces actrices... Ces acteurs s'étant prêté aux jeux de l'amour amer mais rieur, de la fantaisie doucereuse mais mélancolique, tous ces ballets, ces élans et ces frasques orchestré par Jacques Demy sont ce qu'il y a de plus précieux et qui nous requinque lorsque tout le reste est en train de s'enfoncer.
C'est là la vraie définition du mot bonheur.