Présentation de l'éditeur
« Je vous aime parce que vous êtes belle... », me dit-il à voix basse. C' était à la fin de l'hiver 1960. Nicolas venait d'avoir cinq ans et moi, j'en avais vingt-deux. Pour me chuchoter ces mots doux à l'oreille, il était monté sur l'estrade, où j'étais assise, à mon bureau, en train de préparer les cahiers d'écriture. Puis il s'en était retourné bien vite à sa place, dans la classe, tout rouge, car il était très timide. C'était sa première année d'école. C'est moi qui lui ai appris à lire. Il m'a donné tant d'affection que je le porte toujours dans mon coeur. J'ai enseigné pendant longtemps, j'ai eu des dizaines et des dizaines d'élèves, mais Nicolas Sarkozy est le seul à m'avoir fait de telles déclarations d'amour. Cela explique sans doute pourquoi j'ai gardé de lui des souvenirs si forts et précis. Comment aurais-je pu l'oublier ? Maintenant, à chaque fois que je le vois apparaître à la télévision pour s'adresser aux Français, je me souviens du petit garçon qu'il était, et j'en suis émue. Jamais je n'aurais imaginé qu'il serait un jour président de la République...
Je me suis décidée à prendre la plume parce que je me suis rendu compte, aussi, que mes souvenirs du président de la République passionnaient les uns et les autres. Même et surtout ceux qui ne l'aiment pas ! A chaque fois, lorsque je raconte que je lui ai appris à lire - que ce soit chez le coiffeur, dans le bus, à mon cardiologue, ou encore à la grand-mère d'un des enfants que je fais travailler -, on me questionne, on me presse de raconter... Pendant la campagne présidentielle, je saisissais toutes les occasions de parler de Nicolas Sarkozy tel que je l'avais connu. Tout à coup, en écoutant mon récit, c'est comme si les gens se rendaient compte qu'il était un homme, un homme qui avait été un enfant, comme tout le monde. Leur regard sur lui devenait moins froid, moins dur.
A cinq ans, l'âge où j'ai connu notre Président, un enfant est au sommet de son génie. La force de Nicolas Sarkozy, c'est peut-être de ne jamais avoir quitté l enfance.
J'ai été la première maîtresse de Sarkozy est le témoignage tendre de celle qui a appris à lire au président de la République et qui mêle souvenirs émouvants et anecdotes amusantes : Nicolas Sarkozy qui croise François Mitterrand alors qu'il a cinq ans, ou encore cette petite fille qui l'accuse de faire perdre son équipe car ses « fesses » étaient trop grosses !
Biographie de l'auteur
Anne-Marie Laroche-Verdun est née à Paris à la fin de l année 1937. Celle qui a appris à lire à Nicolas Sarkozy et Arnaud Lagardère fut jardinière d'enfants au cours Saint-Louis de 1958 à 1966, puis hôtesse à Air France et travailla à la réception de la Comédie-Française jusqu'à la fin des années 2000. Depuis 1985, elle donne des cours de soutien scolaire du CP au CM2. Elle a toujours préféré le monde des enfants à celui des adultes. Anne -Marie Laroche-Verdun a conservé une relation privilégiée avec Nicolas Sarkozy jusqu à nos jours et nous livre avec pudeur et drôlerie le portrait de ce petit garçon au destin « remarquable ».