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Commentaires client les plus utiles
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
POLAR HALETANT ET REQUISITOIRE SALUTAIRE,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : J'ai le droit de vivre (DVD)
Eddie Taylor est un petit malfrat, qui après trois condamnations, sort de prison. Avec l'aide de sa future femme, et de son avocat, il tente de se réinsérer. Mais le regard de la société sur cet ex-taulard est difficilement supportable, et la tentation de replonger dans le crime est grande...Voilà bien un sujet typique de Fritz Lang. Eddie Taylor, auquel Henry Fonda apporte tout son talent, mais aussi toute sa fragilité, est un homme seul face au système. Il essaie de refaire sa vie, honnêtement, mais ses logeurs, son patron, ses amis, ne veulent plus de lui. La société ne pardonne pas, pas plus que l'Etat et ses institutions. Le sujet est fort, puissant, et encore une fois, Fritz Lang se sert d'une trame policière pour faire sa démonstration. Difficile d'en raconter plus, mais disons pour faire court, que les problèmes d'Eddie (et sa femme Joan) ne font que commencer. J'AI LE DROIT DE VIVRE est un très bon film. Le sujet est fort, un peu trop, cela frise parfois la démonstration, le réquisitoire. Après trois condamnations pour des petits larcins, Eddie Taylor risque pas moins que la peine de mort s'il est repris par la police. Un peu dur tout de même ! De plus, Fritz Lang lorgne, au début, vers le mélodrame, le romantisme un peu simpliste (la balançoire dans le jardin). Le jeu des comédiens évoque encore le temps du cinéma muet, avec ces oeillades appuyées et froncements de sourcils. Malgré tout, Lang, sûr de son savoir-faire, nous emmène avec lui, avec son couple en cavale, et réalise quelques très belles scènes (le hold-up, les séquences de prison, et la poursuite finale). La fin n'est pas sans évoquer BONNIE & CLYDE, avec ce couple frappé par le destin, aspiré dans une spirale tragique, auquel le bonheur, le droit de vivre, semble être refusé. L'ultime scène du film est exemplaire. Alors que le couple rêve de belle maison et d'enfants, Fritz Lang les filme sur la fin comme du gibier traqué, survivant dans un taudis. Joan Taylor (jouée par Sylvia Sidney) accouche d'ailleurs seule, dans la forêt. Sans égaler les chef d'oeuvre de Lang dans ce genre là (FURY, LA CINQUIEME VICTIME, REGLEMENT DE COMPTE, L'INVRAISEMBLABLE VERITE) J'AI LE DROIT DE VIVRE (1937, second film américain de son auteur) est un polar bien rythmé, tragique, doublé d'un réquisitoire contre la peine de mort et de ce qu'on appelle aujourd'hui la présomption d'innocence. N'oublions pas que Lang, deux ans plus tôt, vivait encore en Allemagne, sous le régime nazi, et que Goebbels voulait l'enrôler dans sa propagande. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
They made me a murderer...,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : J'ai le droit de vivre (DVD)
Je ne reprendrai pas l'excellente synopsis de Luc. Mais ce film américain de Fritz Lang est d'une beauté qui laisse pantois! C'est l'un de ses films les plus romantiques et des plus fragiles. Une perle rare. Réalisé après "Fury", "You Only Live Once" est tout aussi somptueux. En gros, il s'agit d'un réquisitoire contre les erreurs judiciaires. La preuve que le cinéaste allemand avait encore pas mal de choses à dire (il venait de quitter la France où il avait réalisé ce film mineur qu'est "Liliom")...La trame est celle du film noir (dix ans avant l'apogée du genre, Lang réalisait un film essentiel et visionnaire). Il s'inspire de faits authentiques : la fuite d'un couple que la société a rejeté (même s'il a changé les noms du générique, Lang se souvient de Bonnie Parker et Clyde Barrow. Le film fut tourné moins de trois ans après leur fin tragique). Comme le dit Luc, la société n'oublie pas. "Dieu", à la rigueur, peut pardonner et effacer l'ardoise, mais la société des hommes est ainsi faite avec ses lois et ses condamnations... Cette scène du début entre les deux amants célébrant leur lune de miel n'est pas si mièvre qu'elle n'y paraît. Au contraire, c'est d'une maîtrise technique ahurissante, une des scènes les plus optimistes de Lang. Entre clair-obscurs sur le visage de Fonda et travelling tout en finesse sur la petite marre avec ses couples de grenouilles, on a là la parfaite illustration du génie langien : comme nul autre, il sait capter la fragilité de ces moments de bonheur pour le moins éphémères. Sylvia Sydney (dont on avait admiré l'interprétation aux côtés du grand Spencer Tracy dans "Fury", le film qu'il réalisa l'année précédente) est bien sûr admirable. Sa fragilité féminine est palpable, touchante. Osons-le dire: cette actrice crève littéralement l'écran. Ce qui fait de "You Only Live Once" un film très attachant. Aussi, quand elle bascule d'un camp à l'autre, passant de cette femme aimante et respectable à une femme rebelle et désespérée, on ne peut qu'être touché par son personnage, joué avec une force et une crédibilité peu commune au cinéma. Quant à Henry Fonda, il est tout jeune. C'est l'un de ses premiers rôles. C'est l'innocent langien par excellence (pas tout à fait coupable, pas tout à fait innocent). Cette scène dans la prison, quand il serre les dents et demande à sa fiancée : "give me a gun" est le moment clé du film. Le plan se resserre et à ce moment, elle s'avance. C'est vraiment subtil comme travail. Bref, c'est peut-être pas un chef d'oeuvre, mais c'est certainement un grand film qui, s'il n'atteint pas la grandeur de M, Man Hunt ou encore Fury, reste d'une rare authenticité. Un film vraiment inoubliable. 4,5 étoiles. Bonus du DVD : filmographie de Lang et un commentaire savoureux de Claude Chabrol avec arrêts sur images. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Tragique et romantisme,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : J'ai le droit de vivre (DVD)
Après Furie, Lang nous offrait en 1937 un nouveau classique, qui diffère pourtant sensiblement de l'âpreté et de la dureté du reste de sa filmographie. Certes, l'objet porte la marque des obsessions de son auteur : la pulsion criminelle, l'erreur judiciaire, le châtiment du crime, autant de thèmes qu'il allait creuser au cours des deux décennies suivantes. Mais l'originalité de la chose tient au romantisme exacerbé de l'ensemble et à la magie amoureuse du couple Sylvia Sydney / Henry Fonda. Avec un autre acteur, même un génie comme Cagney, le film aurait été tiré vers le sujet de la récidive et un angle plus social mais Fonda, dans son premier grand rôle, sait naturellement susciter l'indulgence du spectateur envers son profil de délinquant multi-récidiviste qui va perdre une aimable et sage jeune femme (puisque tel est bien le sujet), tout en étant crédible en prisonnier poussé au bout par la machine répressive des systèmes judiciaires et carcéraux. Le film s'inspire du cas de Bonnie & Clyde et allait donner matière à une descendance nombreuse (Les Amants de la nuit, Gun Crazy) pour ne citer que les premiers. Mais cette harmonieuse union du pessimisme langien et d'un romantisme exacerbé a peu d'équivalent.Ce n'est pas loin d'être mon Fritz lang préféré... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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